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Surplus énergétiques: Hydro-Québec perd des ventes de 1 G$ par année

barrage Romaine 3
Photo d'archives, Simon Clark Le PDG d’Hydro-Québec, Éric Martel, lors de l’inauguration du barrage La Romaine 3, en octobre 2017. Cette centrale de la Côte-Nord a une capacité installée de 395 MW.

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Incapable d’écouler ses imposants surplus énergétiques qui continuent de s’accumuler, Hydro-Québec voit lui échapper des ventes annuelles d’électricité d’un milliard $.

Encore cette année, Hydro-Québec devra composer avec d’importants surplus énergétiques. Ces surplus devraient atteindre les 18 térawattheures (TWh). Un térawattheure peut alimenter environ 50 000 maisons.

La capacité excédentaire de production de la société d’État est notamment liée à des achats d’énergie éolienne à fort prix, et ce, en trop grande quantité (11,3 TWh chaque année).

Sur le marché de l’exportation, ces 18 TWh équivalent à un milliard $ de revenus, a reconnu hier au Journal une source gouvernementale.

Des données fournies par Hydro-Québec indiquent que les surplus de sa division Distribution seront de l’ordre de 9,8 TWh en 2019.

À cette quantité d’énergie, Hydro-Québec Production dit également compter sur des surplus d’environ 8,2 TWh dans ses coffres.

«Nous pouvons répondre aux besoins du Massachusetts et de la ville de New York sans construire de nouvelles centrales», a indiqué jeudi un porte-parole d’Hydro-Québec, Serge Abergel.

Il faut dire que l’an dernier, Hydro-Québec a été contrainte de déverser l’équivalent de 10 TWh, alors que ses immenses réservoirs débordaient dans le nord du Québec.

La réserve hydraulique d’Hydro-Québec a atteint au cours des derniers jours l’équivalent de 150 TWh derrière ses 27 réservoirs en sol québécois. Un record absolu.

Au début de l’été, les surplus accumulés derrière ses réservoirs avaient atteint les 140 TWh.

Deux gros contrats

Avec le contrat signé avec le Massachusetts, Hydro-Québec espère exporter dès la fin de 2022 plus de 9,45 TWh d’électricité par année pendant 20 ans.

Le contrat avec le Massachusetts devrait rapporter à Hydro-Québec tout près de 10 milliards $ de revenus durant 20 ans, soit 500 millions $ par année.

L’État de la Nouvelle-Angleterre paiera en moyenne 6,6 cents US (8,8 cents CAN) du kilowattheure pour l’électricité québécoise.

Avec la Ville de New York, Hydro-Québec a également débuté des négociations qui pourraient se traduire par des ventes annuelles de 5 TWh. La construction d’une nouvelle ligne à haute-tension vers New York permettrait à Hydro-Québec d’écouler 3 autres TWh supplémentaires dans ce marché chaque année.

Dans le marché central de New York, le contrat final d’approvisionnement pourrait ainsi rapporter jusqu’à 10 milliards de dollars dans ses coffres sur 20 ans, soit 500 millions de dollars par année, estime-t-on chez Hydro-Québec.

DES BESOINS EN DENTS DE SCIE AU QUÉBEC D’ICI 2026
Année Quantité requise
2020 192,8 TWh
2021 194,4 TWh
2022 195,7 TWh
2023 196,5 TWh
2024 198 TWh
2025 193,5 TWh
2026 193 TWh

Source : Hydro-Québec