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Je n'allaite pas donc je pollue

Je n'allaite pas donc je pollue
PASCAL HUOT/JOURNAL DE QUÉBEC/AGENCE QMI

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Hier, je lisais mon fil d’actualité et j’ai sursauté quand je suis tombée sur un article publié dans Le Devoir : «Allaiter son enfant, pour l’amour de la planète?» L'autrice y dresse un nombre effarant de statistiques qui prouvent que l’allaitement est LA solution la plus saine pour l'environnement.   

Quant à moi, ça ne prend pas la tête à Papineau pour en venir à la conclusion qu’effectivement, le lait qui sort directement du corps d’une femme et qui va se jeter directement dans la bouche de son bébé comporte une faible empreinte écologique.      

Alors, pourquoi rédiger un article qui peut, par son titre, contribuer à faire augmenter le sentiment de culpabilité de celles qui ne peuvent ou ne veulent pas allaiter?      

Dans le texte, on stipule que les médecins n’ont pas la formation nécessaire pour soutenir les femmes dans l’allaitement et que c’est en bonne partie pour cette raison que ces dernières abandonnent. Je n’y crois pas une seconde.      

Depuis de nombreuses années, la Ligue la Leche, groupe de soutien à l’allaitement, donne de l’information au personnel médical, mais aussi aux mères. Il n’est d'ailleurs pas rare d’entendre des histoires de femmes qui, suite à leur accouchement, avouent avoir ressenti une pression trop forte de la part du personnel hospitalier pour allaiter.      

On ne remettra pas en doute les bienfaits de l’allaitement, mais souvenez-vous qu’à une certaine époque, les préparations de lait maternisé étaient plus populaires que le lait maternel.   

On vantait ses mérites en affirmant que les mères, souffrant consciemment ou non de carences alimentaires, s’assureraient ainsi que leurs enfants recevraient tous les nutriments nécessaires à leur croissance.     

Vu de même, c’est pas si bête...      

Celles pour qui l’allaitement fonctionne en sont très heureuses, mais celles pour qui ça ne marche pas le vivent très durement.     

Une de mes amies me parle encore de son expérience désastreuse avec sa première qui a aujourd’hui 16 ans...Elle a vécu ça comme un échec.   

Ça a été très marquant pour elle.   

Personne ne devrait considérer ça comme un échec.

La quasi-absence de choix, ainsi qu'une pression sociale trop forte en faveur de l'allaitement, augmentent le sentiment de culpabilité: «Qu'est-ce que je fais de pas correct? Ça doit être de ma faute...»     

Si je reprends le titre de l’article «Allaiter son enfant, pour l’amour de la planète?», ça veut donc dire que si je n’allaite pas, je pollue?       

Vous trouvez que ça a du sens, vous?      

Je termine cette montée de lait (!) en citant les sages paroles d’une amie:      

Vaut mieux un biberon heureux qu’un sein malheureux.