/weekend
Navigation

Émile Bilodeau: l’école de la vie

Émile Bilodeau se prend pour Robin des bois dans la chanson du même nom.
Photo courtoisie Émile Bilodeau se prend pour Robin des bois dans la chanson du même nom.

Coup d'oeil sur cet article

À seulement 23 ans, Émile Bilodeau lance son deuxième album, Grandeur mature. Le Journal s’est entretenu avec l’artiste qui se plaît à parler de souveraineté, d’écoanxiété et de Freddie Mercury.

Émile Bilodeau se prend pour Robin des bois dans la chanson du même nom.
Photo courtoisie

Ton premier album a connu un très beau succès. De quelle façon as-tu approché la création du deuxième disque, sachant que tu étais désormais attendu ?

« J’ai écrit des chansons que j’avais le goût de jouer devant mon public. Je voulais écrire des tounes qui allaient améliorer mon spectacle, des chansons qui me font rire, qui me touchent. Ç’a été vraiment une belle expérience de création. Je suis bien content. Il y a quand même 14 tounes. Je pense que je devais ça à mon public, car ça faisait quand même trois ans [depuis le premier album]. »

Tu as retrouvé Philippe B à la réalisation. Que vous êtes-vous dit au début du travail ?

« Quand on s’est vus pour la première fois, il m’a offert de ses délicieux muffins. On a aussi parlé du fait qu’il y avait un enfant on the way. J’étais bien content. Philippe est devenu papa durant le processus de l’album. [...] On dit souvent que Philippe est mon anti­thèse. Mais je pense que nous avons tous les deux une force tranquille. Finalement, on se ressemble plus qu’on pourrait le croire. On se fait rire. Il a vraiment fait un beau boulot d’arrangement. »

À quoi fait référence le titre Grandeur mature ?

« Dans le concept, la grandeur est vraiment axée sur la proposition musicale. Je trouve qu’il y a une belle richesse. C’est amplifié, diversifié. Et pour la maturité, ce sont les thèmes. On voit encore­­­ que je suis très au courant de mon monde, de ma réalité. Je trouve que c’est un album très ancré dans l’actualité. Je parle de yoga, d’écoanxiété, de Freddie Mercury, qui est un peu un hymne à la différence. Ton nom est une chanson très souverainiste. »

Vois-tu la maturité que tu as acquise depuis le premier disque ?

« Oui, je crois que ça s’explique beaucoup par mes voyages. J’ai fait beaucoup de shows en France, en Belgique. Je suis aussi allé en Pologne, en Allemagne et à Barcelone pour le plaisir. J’ai pu comprendre que j’aimais beaucoup mon Québec. Souvent, quand on s’éloigne, on s’ennuie. Je pense qu’on l’entend bien dans J’ai vu la France. Pour la maturité, on peut parler du concept de l’école de la vie. J’ai fait beaucoup de rencontres, j’ai voyagé beaucoup dans le Québec. J’avais envie de dire que je le trouve beau, mon Québec. Dans J’ai vu la France, je parle du Saguenay. Je parle aussi de Montréal dans Mont-Royal. C’est beau la Gaspésie, c’est sûr. Mais y’a aussi notre métropole qui est belle, qui est dynamique. C’est un album qui lance des fleurs à mon Québec. Je n’ai pas peur de dire que je l’aime. »

Pourquoi avoir demandé à Klô Pelgag de prêter sa voix à la chanson Freddie Mercury ?

« Parce que je la considère comme une ambassadrice. Il ne faut pas oublier qu’elle est la première femme [depuis Francine Raymond en 1993] à avoir remporté le Félix d’Auteur ou compositeur de l’année. Pendant qu’elle chantait en studio, je me suis filmé en train de brailler. C’est super gênant (rires). »

Pourquoi as-tu accepté d’être le co-porte-parole des Francouvertes ?

« Parce que je symbolise un peu le fait que c’est possible de faire de la musique et de gagner sa vie là-dedans, même en étant très jeune. J’invite tous les jeunes à poursuivre leur rêve. La finale du concours ne se fait pas devant 2000 personnes. Mais la moitié du public est constitué de gens de l’industrie, de personnes qui vont avoir des commentaires constructifs. L’année passée, on a eu des bands du Saguenay, de l’Abitibi. Là, on voudrait avoir des bands des communautés francophones hors Québec. »

Qu’est-il prévu pour toi en Europe ­­­ ?

« On s’en va en Belgique et en France en novembre et décembre. Ça va être génial. Je me fais toujours un peu le porte-parole de notre peuple, j’y vais avec mon gros joual. Pour eux, le Canada­­­, ce sont les ours polaires. Je leur conte des histoires. Quand je chante J’en ai plein mon cass, ils capotent et me demandent c’est quoi cette expression. J’aime penser que je suis un gars qui fait la promotion de notre culture à l’étranger. Pas autant que Xavier Dolan, mais juste assez (rires). »


► Le nouvel album d’Émile Bilodeau, Grandeur mature, est présentement sur le marché. Le chanteur fera sa rentrée montréalaise le 25 avril 2020 au MTelus. Pour toutes les dates : emilebilodeau.ca.