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Kaïn fête son 20e de façon «inclusive»

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Imaginons, deux secondes, que l’édition que vous tenez entre vos mains actuellement est mon journal intime.

Kaïn

Photo courtoisie

★★★½

Je viens d’ici

D’où cette confession : est-ce l’œuvre du temps ? Le fait que mon cœur s’attendrit depuis la paternité ? Ou encore que tout ce qui est hipster sur moi est, désormais, mon skinny jeans ?

Tout ça pour dire que j’ai appris à apprécier l’œuvre de Kaïn — t’sais, « ze » groupe que les mélomanes locaux aimaient bien snober à l’époque — au fil des années.

En attendant que mon rédac’ en chef exige le retrait de ma licence de critique (oui, oui), laissez-moi vous expliquer pourquoi avec Je viens d’ici, un album double soulignant le 20e anniversaire du projet, comme contexte.

Juste un soupçon de nostalgie

Il y a, tout d’abord, cette aventure solo du chanteur Steve Veilleux qui reprenait au passage la poésie de Gérald Godin, un crochet aussi apprécié qu’inattendu.

Puis, ce présent LP double où le quatuor se fait plaisir (le premier volet est un album de pièces originales) tout en offrant un cadeau à leurs fans (des adaptations de leurs plus grands succès en compagnie d’amis comme 2Frères et Renée Martel, notamment).

C’est pour ça, la fête « inclusive » du titre, donc.

Qu’en penser ?

Du côté des reprises, citons quelques surprises agréables, dont cette réinterprétation décomplexée, country, voire même festive, de Mexico en compagnie de La Chicane.

Idem lorsqu’on se lance dans les nouveautés où le combo opte pour un rock plus planant qu’à l’habitude. Évidemment, les fans de la première heure y trouveront leur compte. Ça demeure très Kaïn (la pièce titre en témoigne, d’ailleurs).

Bref, les haters pourraient, eux aussi, s’en enticher !

Diane Tell

Photo courtoisie

★★★★

Haiku

Grande dame de la chanson québécoise, Diane Tell pourrait surfer sur ses succès passés ad nauseam, mais, fort heureusement, Diane Tell préfère aller de l’avant et bien s’entourer par la bande. En effet, pour son « retour » (Haiku est son premier album de matériel original en huit ans), l’autrice et interprète a recruté le canif suisse humain qu’est Fred Fortin à titre de réalisateur. En résulte un LP pop flirtant avec le folk planant et la bossa-nova, notamment, et qui évite surtout les pièges du surfait et de l’émotivité à outrance. C’est irrésistible, même !

John Coltrane

Photo courtoisie

★★★★

Blue World

Un an après avoir fait paraître Both Directions at Once : The Lost Album, un LP disparu du légendaire John Coltrane, son étiquette sort un autre as de sa manche : un second disque perdu du musicien jazz culte (retrouvé à Montréal de surcroît). Enregistré entre deux œuvres majeures — Crescent et A Love Supreme —, Blue World est aussi mystérieux que décontracté. Autant les puristes que les mélomanes appréciant ce genre en dilettante y trouveront leur compte. À écouter avec des lunettes de soleil tant c’est cool.

Noel Gallagher’s High Flying Birds

Photo courtoisie

★★

This Is The Place

Année faste pour la force tranquille d’Oasis, qui lance ici un troisième maxi en 2019. Pardonnez-moi, toutefois, le sujet amené, mais : Gallagher traverse finalement la mince ligne séparant « qualité » de « quantité ». Malgré le « risque » pris par le rockeur - qui s’aventure ici en territoire plus pop (voire électro si on considère les deux remix closant l’œuvre), This Is The Place s’avère cruellement mou. C’est bien fait, certes, mais mautadine que c’est ennuyant. Pour les fans ou les masochistes.

Coup de coeur

ANGEL OLSON

Photo courtoisie

★★★★★

All Mirrors

Couronnée, pour le meilleur comme pour le pire, comme chantre du rock low-fi arrache-cœur, Angel Olsen poursuit son émancipation. Après avoir offert un disque vaguement plus ensoleillé (My Woman [2016]), l’autrice-compositrice-interprète revient à la charge avec son album le plus ambitieux en carrière. Bien que l’adjectif épique fait plutôt galvaudé ces jours-ci, il colle tout de même à All Mirrors. Sans vendre la surprise, imaginez un croisement entre les envolées de Kate Bush et les moments de douceurs de Joni Mitchell. Un des meilleurs LP de l’année !