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Kaïn a trouvé le moyen de durer 20 ans

John-Anthony Gagnon-Robinette, Steve Veilleux et Éric Maheu.
Photo Stevens Leblanc John-Anthony Gagnon-Robinette, Steve Veilleux et Éric Maheu.

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Contre vents et marées, à travers les soirées arrosées et les bisbilles internes, Kaïn a trouvé le moyen de durer 20 ans. Au grand étonnement des piliers du groupe, qui ont décidé de souligner cet accomplissement en lançant l’album double Je viens d’ici, composé à moitié de chansons originales et à moitié de vieux succès repris par des amis de la colonie artistique.

«On n’en revient pas encore d’avoir passé la moitié de notre vie dans un band», lance, d’entrée de jeu, le chanteur, guitariste et parolier de Kaïn, Steve Veilleux.

Avec le bassiste Éric Maheu, il est le seul autre membre original de cette formation, maintenant un trio complété depuis deux ans et demi par le multi-instrumentiste John-Anthony Gagnon-Robinette. Il est donc bien placé pour témoigner des montagnes russes que furent les deux premières décennies de Kaïn.

«Le plus difficile, dit-il, a été de résister aux remises en question, aux changements dans l’industrie, aux petites crises humaines que nous avons vécues à l’intérieur du groupe. Nous sommes passés de jeunes au début de la vingtaine qui ne se connaissaient pas aux hommes et aux pères de famille qu’on est devenus. Nos priorités n’ont pas toujours été les mêmes et nous sommes encore très différents aujourd’hui.»

«C’est ce qui fait la force d’un band, de pouvoir modifier sa vision», ajoute John-Anthony Gagnon-Robinette.

À boire, à boire

Dire que Kaïn s’est assagi serait peut-être exagéré. La preuve : cinq de leurs 10 nouvelles chansons — Le show de nos enfants, Je viens d’ici, Maudite boisson, Les oiseaux s’en sacrent et Yé midi kek part — parlent directement ou indirectement de consommation de boissons alcoolisées.

«On reste un band de party», affirme Éric Maheu, entre deux éclats de rire.

La proverbiale maturité dont se réclament tous les groupes qui vieillissent s’est tout de même faufilée chez Kaïn. Steve Veilleux dit l’avoir remarquée dans son travail de parolier.

«L’écriture est passée d’un mal nécessaire, quand j’avais 20 ans, pour mettre une chanson au monde, à la chose qui m’allume le plus dans la création. Sur l’album, les textes des chansons Les oiseaux s’en sacrent ou Je viens d’ici me rendent fier.»

Des invités spéciaux

Pour fêter leurs 20 ans, les gars de Kaïn ont aussi convaincu Paul Daraîche, 2Frères, Les Frères Painchaud, La Chicane, Renée Martel, Matt Lang, Stephen Faulkner, Yves Lambert et Laurence Jalbert de reprendre, chacun avec sa couleur, dix de leurs grands succès.

«On a refait des arrangements qui collent aux artistes. Paul Daraîche ne vient pas chanter du Kaïn. Il chante Paul Daraîche», révèle John-Anthony Gagnon-Robinette. «Comme si c’était les leurs», précise Steve Veilleux.

Embarque ma belle, le hit par excellence du répertoire de Kaïn, a eu droit à un traitement spécial. Tout le monde a participé à l’enregistrement. «Dès le début, c’était prévu que ce soit un We Are The World», s’amuse Veilleux, qui a savouré chaque minute de l’aventure Je viens d’ici.

«Je ne me tanne pas de réécouter l’album. En studio, on a vécu des émotions gigantesques. Juste pour ça, ça valait la peine de s’endurer 20 ans...»


► L’album Je viens d’ici est en vente depuis vendredi.

► La tournée anniversaire se mettra en branle en 2020. Des chanteurs invités sur l’album se joindront aux concerts à la Cinquième Salle de la Place des Arts de Montréal, le 28 février, et au Capitole de Québec, le 28 mars.