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Plus chère que jamais, la police

Les dépenses annuelles des différents services dépassent maintenant les 15 milliards de dollars au Canada

Des policiers lors d’une manifestation en marge du Sommet du G7 sur les plaines d’Abraham à Québec, en juin 2018.
Photo d’archives, Simon Clark Des policiers lors d’une manifestation en marge du Sommet du G7 sur les plaines d’Abraham à Québec, en juin 2018.

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Les coûts des services de police ont atteint un nouveau record de 15,1 milliards de dollars au pays en 2017-2018, dont une facture de près de 3 G$ pour les Québécois.

C’est ce que révèle une nouvelle étude de Statistique Canada rendue publique jeudi.

On y apprend que les dépenses des corps de police ont de nouveau augmenté de 2 % en 2017-2018 par rapport à l’année précédente. Et ce, même si le nombre de policiers a diminué de 463 durant cette période.

Pas moins de 82 % de ces coûts, soit 12,5 G$, sont versés en salaires et en avantages sociaux aux 68 562 policiers et aux 31 050 employés civils des forces de l’ordre du pays.

Technologies

Les dépenses budgétaires des forces policières pour se doter de technologies de pointe afin de mieux traquer les criminels coûtent également « une fortune », disait le directeur de la police de Montréal, Sylvain Caron, en entrevue à notre Bureau d’enquête plus tôt cette semaine.

Les corps de police canadiens ont notamment déboursé 380 millions $ en matériel informatique et en appareils de télécommunication l’année dernière.

Le Québec se distingue

Seul le Québec, où les dépenses annuelles sont demeurées stables à 2,7 G$ en 2016-2017 et en 2017-2018, a échappé à cette hausse généralisée des coûts des services policiers à l’échelle nationale.

Toutes les autres provinces ont dû débourser davantage que l’année précédente pour assurer la sécurité de leurs citoyens alors que les plus fortes augmentations, soit 13 %, ont été relevées en Colombie-Britannique et en Nouvelle-Écosse.

L’Ontario est la province qui paie le plus cher pour financer ses services policiers, soit près de 5,5 G$, d’après l’étude intitulée Les ressources policières au Canada 2018.

Quelques données

  • 99 298 $ : C’est maintenant le salaire annuel moyen des policiers, selon l’étude de Statistique Canada. Parmi les plus importantes organisations policières du pays, la Police provinciale de l’Ontario a déclaré la rémunération moyenne la plus élevée en 2018, soit 102 821 $, comparativement à 99 082 $ à la Gendarmerie royale du Canada. La Sûreté du Québec a déclaré le revenu moyen le plus bas, à 87 245 $.
  • 223 : C’est le nombre de policiers par tranche de 100 000 habitants à Montréal, ce qui représente le taux le plus élevé de tout le pays, et ce, depuis 2008. En comparaison, ce taux s’élève à 198 à Vancouver et à 167 à Toronto. Le Québec, avec ses 15 884 policiers, vient également au deuxième rang des provinces comptant le plus de policiers par 100 000 citoyens (soit 189) derrière la Nouvelle-Écosse (194).
  • 318 $ : C’est ce que coûtent à chaque habitant, en moyenne, les dépenses des services de police au Canada. À titre comparatif, Statistique Canada évalue que cette facture s’était maintenue autour de 222 $ entre 1987 et 1998. Mais depuis ce temps, ses analystes constatent que « les dépenses de fonctionnement totales [...] sont généralement en hausse » presque chaque année.
  • 34 % : C’est le pourcentage de femmes au sein du Service de police de l’agglomération de Longueuil, le plus élevé de tout le pays parmi les 50 plus importants corps de police municipaux du Canada. La police de Montréal, avec 33 % de femmes, est bon deuxième à ce chapitre. Statistique Canada dénombrait un total de 14 943 policières au pays en 2018, une hausse de près de 200 par rapport à 2017, soit 22 % de tout l’effectif policier du pays.

Source : Statistique Canada