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Quand la carte de crédit devient une source de «revenu fictif»

Quand la carte de crédit devient une source de «revenu fictif»
Illustration Adobe Stock

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Charles et Rebecca sont deux professionnels dans la quarantaine qui gagnent bien leur vie. Avec un confortable salaire net de 10 600 $ par mois, ils estiment qu’ils ont le droit de s’offrir un peu de luxe... Mais le couple est sur la pente glissante du surendettement et vient de frapper un mur.

Restaurants, bons vins, vêtements à la dernière mode et deux voitures neuves en location... le couple ne se refuse rien. Même s’ils gagnent bien leur vie, Charles et Rebecca ont tendance à vivre au-dessus de leurs moyens. En utilisant leurs cartes de crédit, c’est près de 3000 $ qu’ils « ajoutent » à leurs revenus réels chaque mois. Une carte est pleine ? Pas de problème ! Ils viennent tout juste de recevoir une offre promotionnelle de transfert de solde à un coût moindre pour une période de quelques mois. Alors ils jonglent d’une carte à l’autre et accumulent les dettes. Aujourd’hui, ils doivent 189 000 $, en plus d’un solde hypothécaire de 375 000 $, soit un total de 564 000 $. Ils sont inquiets et ne parviennent plus à effectuer les paiements minimums requis. Comment vont-ils pouvoir se tirer de ce mauvais pas ?

Des dépenses excessives

Malgré leurs bons revenus, Charles et Rebecca excèdent régulièrement leurs capacités financières. Par exemple, ils dépensent environ 600 $ en restaurants et 1000 $ en vin par mois. « À cela s’ajoutent un paiement hypothécaire de 2400 $ par mois, deux locations d’auto (850 $), le remboursement des cartes de crédit (4000 $) et d’autres dépenses de la vie quotidienne, pour un total mensuel de 13 585 $ », détaille Marc Lafrenière, syndic autorisé en insolvabilité chez Raymond Chabot. Autrement dit, un déficit de près de 3000 $ par mois qu’ils comblent en ayant recours au crédit, encore et encore...

Avec un taux d’intérêt moyen de 20 % sur leurs cartes de crédit – puisque les périodes de taux promotionnels sont depuis longtemps terminées – ils sont désormais piégés dans la spirale de l’endettement. « Par conséquent, ils remboursent chaque mois plus de 3000 $ en intérêts et peu de capital », remarque Marc Lafrenière. Ce dernier calcule que si le couple continue à payer 4000 $ par mois, il leur faudra malgré tout sept ans et 10 mois pour venir à bout de leurs soldes de cartes de crédit. Ils auront payé un total de 374 811 $, dont 185 811 $ seulement en intérêts.

Piégés dans la spirale de l’endettement

Le couple pourrait-il obtenir un coup de pouce de son institution financière pour rembourser ses soldes ? « Ils disposent d’une certaine capacité de remboursement, mais la banque considérera que le risque est trop grand pour accepter de leur accorder un prêt de 189 000 $. Il n’y a pas non plus d’équité sur la maison et, de ce fait, ils ne pourront pas refinancer leur hypothèque », explique Marc Lafrenière.

Dans ces conditions, la meilleure option est la proposition de consommateur. L’offre présentée et acceptée par les créanciers est de 60 versements mensuels de 2100 $, soit un montant total de 126 000 $.

Si Charles et Rebecca se sont tirés d’affaire pour cette fois, il n’en reste pas moins qu’ils devront se montrer plus raisonnables dans leurs dépenses s’ils ne veulent pas se retrouver à nouveau dans la même situation. « Certains postes de dépenses – restaurants et vin par exemple – sont excessifs et gagneraient à être modérés. Faire un budget est toujours un bon exercice qui les aiderait à contrôler leurs finances », mentionne Marc Lafrenière, qui rappelle que les cartes de crédit donnent l’illusion d’avoir un revenu supplémentaire fictif, ce qui constitue un danger.

Leur situation financière

Actif

  • Maison unifamiliale : évaluée à 400 000 $, pas d’équité

Passif

  • Hypothèque : 375 000 $
  • Cartes de crédit : 189 000 $
  • Total : 564 000 $

Revenus nets mensuels

  • Salaire net de Charles : 5500 $
  • Salaire net de Rebecca : 5100 $
  • Total : 10 600 $

Dépenses mensuelles

  • Hypothèque 2400 $
  • Paiement cartes de crédit 4000 $
  • Électricité 350 $
  • Cellulaire (2) 300 $
  • Câble et Internet 250 $
  • Épicerie 1200 $
  • Tabac 350 $
  • Restaurants et alcool 1600 $
  • Sport/Divertissement 300 $
  • Cadeaux/Don 250 $
  • Vêtements 300 $
  • Soins personnels 250 $
  • Location voitures (2) 850 $
  • Stationnement 240 $
  • Essence/entretien véhicules 500 $
  • Assurances (auto, maison, vie) 445 $
  • Total des dépenses 13 585 $