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Trump n’est pas encore mort

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Donald Trump n’est pas politiquement mort, loin de là. Il suffit de jeter un coup d’œil sur ses taux d’approbation, autour de 43 %, pour découvrir qu’il demeure très populaire. L’enquête en destitution lancée par les démocrates pourrait même gonfler sa popularité.

Inversement : les récents sondages montrent que Joe Biden est en chute dans la course à l’investiture démocrate, avec 22 % des intentions de vote, tandis qu’Elizabeth Warren a pris la tête de la course avec 28 %. Nul doute que Trump préférerait lutter contre Elizabeth Warren plutôt que contre Joe Biden.

1. Pourquoi Joe Biden est-il aussi affecté par les manœuvres de Trump ?

C’est qu’il n’est pas nécessairement répréhensible pour Donald Trump d’avoir demandé au président de l’Ukraine d’enquêter sur les agissements potentiellement criminels de citoyens américains, même s’il s’agit des Biden. Nul n’est au-dessus de la loi. Les apparences jouent contre les Biden. Il est bien difficile de justifier qu’Hunter Biden, le fils de Joe Bien, ait reçu un salaire de 50 000 $ américains par mois comme vice-président d’une firme pétrolière ukrainienne notoirement corrompue. En théorie, Hunter Biden devait justement améliorer la gouvernance de la compagnie. Au mieux, il aura montré une immense naïveté.

Son père était alors le vice-président des États-Unis...

2. Pourquoi Trump pourrait-il être démis de ses fonctions ?

Aucun service du gouvernement américain ne peut être utilisé directement par le président pour faire tomber ses adversaires, même si ces derniers commettent des actes répréhensibles. Sinon, toute la machine gouvernementale pourrait être mise au service de la réélection du président, ce qui bien évidemment lui procurerait un avantage quasi insurmontable sur ses adversaires.

3. Pourquoi Trump pourrait-il demeurer en place ?

Même s’il était prouvé que Trump a retenu des subventions militaires destinées à l’Ukraine pour obtenir une enquête sur les Biden, même s’il était juridiquement démontré qu’il a demandé l’aide d’autres pays étrangers pour vaincre ses adversaires politiques, il se pourrait que Trump demeure en poste. C’est qu’une partie de la population américaine divinise Trump. Peu importe ses actions, il trouve toujours excuse à leurs yeux. Les sénateurs et des représentants républicains perçoivent bien cet amour irraisonné pour Trump parmi leurs électeurs. Même s’il s’avérait que Trump a violé la constitution, l’ultime test à leurs yeux sera le taux de popularité de Trump dans leur État. Si ce taux baisse significativement, alors ils envisageront de voter pour son renvoi. Si ce taux demeure relativement stable, alors ils l’acquitteront. Pour le moment, rien n’indique que la majorité des 2/3 requise au Sénat pour démettre le président sera atteinte.

4. Quel serait l’objectif d’une enquête en destitution ?

L’enquête pour démettre le président ne viserait pas tant à prouver que Trump a commis un geste inconstitutionnel, qu’à persuader ses partisans que ce dernier est indigne d’être président. Il est improbable que les démocrates parviennent à convaincre les électeurs républicains d’ici les prochaines élections. Les positions sont trop polarisées pour que beaucoup d’Américains changent de camp.

5. Que risque-t-il de se produire ?

Dans la configuration actuelle de l’électorat, les élections présidentielles de 2020 risquent d’aboutir aux mêmes résultats que celles de 2016. Donald Trump serait réélu, mais encore une fois avec moins de votes que son adversaire démocrate. Aucun des candidats démocrates à l’investiture ne semble posséder le charisme requis pour affronter Trump et convaincre les électeurs républicains de changer leur vote.