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Aux écoles de s’en inspirer

Quebec
Photo Stevens LeBlanc L’éducation se fait aussi dans la cour d’école !

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L’environnement et l’encadrement, dans lesquels se prennent les récréations à l’école, deviennent plus importants considérant l’obligation faite aux écoles par le ministre de fixer quotidiennement deux périodes récréatives de 20 minutes à l’horaire des élèves.

Le prodigieux reportage du Journal sur l’état des cours d’école fait voir que plusieurs établissements scolaires n’ont pas attendu les décisions ministérielles pour améliorer la qualité de vie dans leur environnement immédiat. Il reste toutefois encore beaucoup à faire dans plusieurs établissements de la province. Cependant, l’aménagement extérieur n’est pas une sinécure, car il se bute à de multiples obstacles et à l’importance que lui accorde le milieu.

Mythes et réalité

L’état de la recherche ne permet pas d’établir une corrélation entre la réussite éducative et la durée ou l’environnement dans lequel les récréations se tiennent.

La plupart des parents ne choisiront pas un établissement parce que la cour d’école y est bien aménagée. À l’opposé, ils sont très attirés par une école trônant en tête des palmarès reliés aux performances scolaires.

La dégradation du parc immobilier et les besoins de construction pèsent énormément sur les capacités réelles d’embellissement des aires extérieures d’un grand nombre d’établissements scolaires.

Les appuis financiers de l’extérieur et le bénévolat des parents se révèlent essentiels dans de multiples exemples illustrés dans le reportage, ce qui peut accroître les risques d’inégalités entre les établissements.

L’ampleur des projets a un impact sur le travail des enseignants et l’apprentissage des jeunes, par exemple augmenter le temps de surveillance réduit les périodes de récupération pour les élèves à risque.

La plaisante apparence

Malgré les embûches et l’absence d’effets directs sur la réussite éducative, plusieurs écoles s’investissent, à raison, dans l’embellissement de leur édifice et leur aménagement extérieur.

Je me rappelle de ce directeur qui n’avait de fin d’améliorer les conditions physiques des écoles dans lesquelles il œuvrait. J’ai plus particulièrement en tête cette école secondaire de la Rive-Sud de Montréal située en milieu défavorisé, qu’il avait fait repeindre, et dont il avait fait cirer les parquets au point de pouvoir s’y mirer comme dans un miroir. Elle est passée d’une école repoussoir à une école que les élèves étaient fiers de fréquenter. Le changement a même eu un impact sur leur sens civique. La récréation est à l’élève ce que la pause est au travailleur comme détente. Cependant, cela n’empêche pas de la situer dans le continuum éducatif avec un environnement qui favorise des activités rehaussant les responsabilités civiques de l’élève et sa conscience d’autrui.

Habituellement rebuté par les palmarès, je me réjouis de celui sur les cours d’école, non parce qu’il classe les écoles, mais parce qu’il livre de très bonnes idées. Ma collègue Daphnée Dion-Viens et tous les autres collaborateurs inspireront sûrement un bon nombre d’écoles dans l’amélioration de leur environnement qui influera éventuellement sur le comportement des élèves.

Souhaitons que le ministre mette plus que des miettes pour inclure la récréation dans le processus éducatif.