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De la viande

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Du Face-à-face de TVA, mercredi dernier, plusieurs observateurs ont retenu que Justin Trudeau s’était fait brasser sur la question de la laïcité.

C’est tout à fait vrai. En même temps, ce fut l’occasion pour lui de s’exprimer sur cette question avec plus de clarté qu’il ne l’avait probablement jamais fait.

Pour la laïcité

« C’est important d’avoir un État laïque ; mon père a lutté pour ça pendant la Révolution tranquille », a-t-il expliqué. Personnellement, je ne l’avais jamais entendu le dire avec autant de clarté. Il a expliqué que, selon lui, les groupes d’extrême droite représentent une plus grande menace à la séparation de l’État et de l’Église que les signes religieux.

On peut être d’accord ou pas avec sa position. Personnellement, je préfère celle d’Yves-François Blanchet avec qui il débattait à ce moment-là.

Sauf que, plutôt que de se cacher derrière des slogans et des phrases creuses du genre « ce n’est pas au gouvernement de choisir ce que les femmes vont porter », Justin Trudeau a pour une fois affirmé ses valeurs. Il a rappelé que penser que la Loi sur la laïcité de l’État ne vise pas les bonnes cibles ne revient pas à souhaiter que les imams et les curés prennent le contrôle du Parlement.

À la fin, c’était un bon échange, intellectuellement satisfaisant. Deux candidats ont exposé devant nous des visions claires et légitimes. L’électeur peut choisir celle qui lui ressemble le plus. Ça devrait toujours être comme ça, la politique.

Paresse ou mépris ?

Le problème avec Justin Trudeau, c’est que sa quête de la mise en scène parfaite et son manque d’empressement à défendre ses positions en les appuyant sur des principes lui confèrent une image justifiée de bellâtre incapable de profondeur.

Or, quand il se risque à nous offrir un peu de viande, ça sert bien Justin Trudeau généralement.

Pourquoi ne pas le faire plus souvent, alors ? Paresse de sa part ou mépris de notre capacité de comprendre ? Le mystère demeure entier.