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La tarte aux pommes et l’argent de Monopoly

Le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, lors d’une rencontre avec des familles dans un restaurant de la région de Québec, vendredi.
Photo Didier Debusschère Le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, lors d’une rencontre avec des familles dans un restaurant de la région de Québec, vendredi.

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Les deux avions de Justin Trudeau, les deux passeports d’Andrew Scheer. Les déguisements, le CV « bonifié », les déclarations passées de l’un et de l’autre. Ça ne vole pas haut !

On a l’impression d’assister à un combat de coqs plutôt qu’à un débat sur qui est le plus apte à gouverner. On promet des milliards, on invente une façon de financer tout ça, et on évite surtout les enjeux complexes pour l’avenir du pays.

La tête dans les nuages...

Dans la course aux votes, remettre de l’argent dans les poches de la classe moyenne est devenu une religion. Une réponse urgente à la crise du coût de la vie.

Que les partis s’apprêtent à emprunter de l’argent que le gouvernement n’a pas pour payer ces promesses semble totalement secondaire.

On nous fait miroiter des « examens des dépenses », un engouement soudain contre l’évasion et l’évitement fiscaux des entreprises pour regarnir les coffres. Vous y croyez ? Si le passé est garant de l’avenir, il est permis d’en douter.

Pire, aucun parti n’a envisagé le risque pourtant bien réel d’une récession dans son cadre fiscal.

Or, comment le gouvernement aurait-il les moyens de stimuler l’économie alors qu’il est fortement endetté et que les taux d’intérêt sont déjà si bas ?

Il faut croire qu’en campagne électorale, la fin justifie les moyens lorsqu’il est question de finances publiques.

Et la croissance économique ?

Il est vrai que les statistiques nous réconfortent. Un chômage à son plus bas en 40 ans, pénurie de main-d’œuvre dans plusieurs régions. Et pourtant, on occulte une réalité moins reluisante.

Au Canada, les salaires stagnent, la croissance économique par habitant aussi. La productivité tire toujours de l’arrière, les investissements des entreprises sont en recul. La réalité, c’est que le Canada est en retard dans la course mondiale vers l’économie intangible de demain.

Et avez-vous entendu parler de la 4e révolution industrielle ? Un capitalisme sans capital, où la gestion des données, les marques de commerce et la propriété intellectuelle seront les moteurs de l’économie ?

Créer de la richesse et assurer la croissance exigeront d’énormes réformes dont les chefs ne parlent pas. C’est vrai, rien de tout cela n’est bien sexy.

Mais sans un débat sur les défis auxquels l’économie est confrontée dans un monde en pleine turbulence, les promesses électorales ressemblent davantage à un mirage.

Les politiciens nous vendent de la tarte aux pommes avec de l’argent de Monopoly