/news/provincial
Navigation

[PHOTOS] Voici 8 catastrophes naturelles qui ont eu lieu à Québec et dans les environs

Coup d'oeil sur cet article

Au Québec, les catastrophes naturelles ne sont pas coutume. Pourtant, nous avons vécu plusieurs désastres qui ont causé des dégâts matériels et des pertes humaines. Certaines sont passées à l’histoire et d’autres sont tombées dans l’oubli. Voici donc 8 catastrophes naturelles qui ont eu lieu à Québec et dans les environs.  

1) Le tremblement de terre du 5 février 1663  

Le 5 février 1663, à 17h30, se produit un important séisme dans le fleuve Saint-Laurent. L’épicentre se situe entre l’embouchure de la rivière Malbaie au nord et l’embouchure de la rivière Ouelle au sud.   

Plusieurs glissements de terrain de grande envergure se produisent le long des rivières Saint-Maurice et Batiscan ainsi que du fleuve Saint-Laurent.    

On croit aujourd’hui que ce tremblement de terre était d’une magnitude de 7. À l’époque, de nombreux témoins rapportent des secousses qui se sont prolongées pendant un mois et qui ont modifié la géographie physique de la Nouvelle-France.   

Le nom de la municipalité Les Éboulements rappelle d’ailleurs cet événement.   

Les Éboulements, 1er octobre 2001. BAnQ Québec (P999,S3,D34.309).
Photo Pierre Lahoud
Les Éboulements, 1er octobre 2001. BAnQ Québec (P999,S3,D34.309).

2) 1816: l’année sans été  

En 1816, l’Amérique du Nord et l’Europe subissent une vague de froid sans précédent. Plusieurs historiens croient que l’éruption du volcan Tambora, en avril 1815, en est la responsable. Les cendres et la poussière, projetées dans la stratosphère, entraînent une diminution du rayonnement solaire et provoquent un refroidissement exceptionnel des températures.  

À l’époque, ce phénomène touche particulièrement le Bas-Canada, aujourd’hui le Québec. Les effets de l’éruption volcanique se font sentir dès le mois d’août 1815. Les récoltes sont notamment compromises par des gelées précoces.   

Les effets sont encore plus dévastateurs en 1816. Une chute des températures se produit sur tout le Québec. Ce bouleversement climatique occasionne de très graves conséquences sur les récoltes. Les vivres viennent à manquer. La hausse considérable des prix et la disette omniprésente obligent les paroisses à se tourner vers le gouvernement afin d’obtenir l’aide nécessaire pour assurer la survie des habitants. Les autorités concernées répondent de manière favorable aux nombreuses demandes en envoyant des denrées alimentaires dans plusieurs paroisses.   

Cette pétition, signée par 60 habitants de L’Islet, témoigne de la situation de misère et de détresse vécue par la population.   

Pétition signée par les habitants de L’Islet, 1816. BAnQ Québec (P52,P594).
Pétition signée par les habitants de L’Islet, 1816. BAnQ Québec (P52,P594).

3) Il y a 130 ans: le grand éboulement de Québec  

Le 19 septembre 1889, à 19h30, au lendemain d’une journée d’averses de pluie torrentielle, un bloc de roche colossal se détache du cap Diamant et tombe sur des maisons qui se trouvent au pied de la falaise, dans le quartier du Cap Blanc.  

Le glissement rocheux écrase les maisons de 28 familles de la rue Champlain. Des centaines de personnes sont ensevelies sous 24 mètres de débris de roches. Plus de 40 personnes sont tuées, dont plusieurs enfants. C’est une tragédie! Par chance, plusieurs familles s’étaient absentées de la maison en raison de deux funérailles. La situation aurait pu être bien pire.  

Éboulis, rue Champlain, septembre 1889. BAnQ Québec (P560, S1, P377-1).
Photographe non identifié
Éboulis, rue Champlain, septembre 1889. BAnQ Québec (P560, S1, P377-1).

Les sauveteurs arrivent rapidement sur les lieux. Des journées entières sont néanmoins nécessaires pour ne soulever que quelques roches afin de rescaper des survivants ou de récupérer les cadavres.   

Éboulis, rue Champlain, septembre 1889. BAnQ Québec (P560, S1, P377-2).
Photographe non identifié
Éboulis, rue Champlain, septembre 1889. BAnQ Québec (P560, S1, P377-2).

Pour en savoir plus: Le grand éboulement de Québec: une tragédie oubliée?.   

4) Glissement de terrain à Saint-Alban-de-Portneuf le 27 avril 1894  

Le soir du 27 avril 1894, un phénomène géologique catastrophique se produit. Cette fois-ci, c’est la municipalité de Saint-Alban-de-Portneuf qui en subit les conséquences tragiques.    

Vue du glissement de terrain à Saint-Alban de Portneuf le 27 avril 1894. BAnQ Québec (P835, D4, P1).
Photo A.B. Belisle
Vue du glissement de terrain à Saint-Alban de Portneuf le 27 avril 1894. BAnQ Québec (P835, D4, P1).

Sur un segment de la rivière Sainte-Anne a lieu l’un des plus terribles glissements de terrain de l’histoire du Québec et du Canada. Environ 1,8 milliard de mètres cubes de terre emportent maisons, bâtiments de ferme, animaux, moulin ainsi que plusieurs ponts. Quatre personnes perdent également la vie lors de cet événement.  

Vue du glissement de terrain à Saint-Alban de Portneuf le 27 avril 1894. BAnQ Québec (P835, D4, P11).
Photo A.B. Belisle
Vue du glissement de terrain à Saint-Alban de Portneuf le 27 avril 1894. BAnQ Québec (P835, D4, P11).

La région porte encore les stigmates de cette catastrophe. La rivière Sainte-Anne s’est creusé un nouveau lit. Elle est également devenue plus large et moins profonde. Le paysage de collines et de vallons a également laissé la place à un immense trou.   

Pour en savoir plus: Quand la nature reprend ses droits.   

5) Le déluge du 30 juillet 1917 en Beauce  

Ce n’est pas depuis hier que la Beauce est victime de catastrophes engendrées par la hausse du niveau des eaux. Le 30 juillet 1917, des pluies diluviennes occasionnent une crue estivale sans précédent. Les rivières du Loup, Gilbert et Famine se transforment en torrents. Les inondations et les dégâts qui s’en suivent sont considérables. Les rivières sortent de leur lit. Les ponts de plusieurs municipalités sont emportés et s’écrasent sur le pont de Beauceville.   

Inondation à Saint-Joseph par la rivière Chaudière, 31 juillet 1917. BAnQ Québec (E57, S44, SS1, PY-141).
Photographe non identifié
Inondation à Saint-Joseph par la rivière Chaudière, 31 juillet 1917. BAnQ Québec (E57, S44, SS1, PY-141).

Les écluses des lacs Portage et Mégantic cèdent. Le barrage de la Brown Corporation à Saint-Georges éclate. C’est 75 000 cordes de bois qui se retrouvent à flotter sur les eaux. Sans compter qu’une centaine de maisons ainsi que le chemin de fer du Quebec Central Railway sont emportés par les flots. Les photographies de l’époque témoignent de cet important déluge.   

Inondation à Saint-Georges par la rivière Chaudière, 31 juillet 1917. BAnQ Québec (E57, S44, SS1, PY-146).
Photographe non identifié
Inondation à Saint-Georges par la rivière Chaudière, 31 juillet 1917. BAnQ Québec (E57, S44, SS1, PY-146).

  

Sainte-Marie après l’inondation de 1917. BAnQ Québec (P547,S1,SS1,SSS1,D647,P85).
Photographe non identifié
Sainte-Marie après l’inondation de 1917. BAnQ Québec (P547,S1,SS1,SSS1,D647,P85).

6) Une grande marée à Québec en 1918  

Le 18 novembre 1918, en après-midi, les habitants de Québec et de Lévis sont victimes d’une importante tempête. Une grande marée cause des dégâts considérables dans la Basse-Ville.   

Journal L’Action catholique, 19 novembre 1918. Grande Bibliothèque - Collection nationale (0000169215)
Journal L’Action catholique, 19 novembre 1918. Grande Bibliothèque - Collection nationale (0000169215)

Le fleuve Saint-Laurent sort de son lit et inonde les marchés Champlain et Finlay ainsi que les rues Saint-André, Dalhousie, Cul-de-sac et Saint-Paul ainsi que les caves des magasins et des entrepôts. Plusieurs quais sont arrachés et la circulation du tramway est interrompue pendant plusieurs heures.   

Plan d’assurance-incendie de la Ville de Québec, volume 1, page 3, 1898. Créateur : Chas. E. Goad. Original conservé à la British Library.
Plan d’assurance-incendie de la Ville de Québec, volume 1, page 3, 1898. Créateur : Chas. E. Goad. Original conservé à la British Library.

De plus, en raison de la crue importante de la rivière Saint-Charles, on signale des dommages importants dans les quartiers Saint-Roch et Limoilou. Plusieurs secteurs sont inondés, dont le parc Victoria et la Pointe-aux-Lièvres. Les ouvriers qui terminent leur journée de travail se voient contraints de marcher dans deux pieds d’eau pour rejoindre leur logis. On dit également que la marée a envahi le chemin de fer qui va jusqu’à Sainte-Anne-de-Beaupré et que la plupart des paroisses situées le long du fleuve ont subi d’importants dégâts.   

7) Le séisme de Charlevoix-Kamouraska en 1925  

Le 28 février 1925, à 21h19 précisément, survient l’un des plus forts séismes du XXe siècle au Canada. La vie de milliers de gens est perturbée par cet événement.   

Journal L’Action catholique, 2 mars 1925. Grand Bibliothèque - Collection nationale (0000169215)
Journal L’Action catholique, 2 mars 1925. Grand Bibliothèque - Collection nationale (0000169215)

L’épicentre se trouve à l’embouchure du Saguenay. À cet endroit, la secousse, d’une magnitude de 6,2, dure 22 secondes. Cette dernière est d’une telle intensité qu’elle est sentie à plus de 1000 kilomètres de l’épicentre. On sait maintenant que le tremblement de terre s’est produit dans le fleuve Saint-Laurent, à proximité de l’île aux Lièvres, et ce, à une profondeur de 10 km sous la surface terrestre.  

Les dommages varient selon les municipalités. À Québec, les bâtiments qui sont les plus endommagés se situent en Basse-Ville. Il s'agit de la gare du Palais, des élévateurs à grains et des entrepôts d’expédition et de chargement situés à proximité de la rivière Saint-Charles.   

8) Le glissement de terrain à Saint-Jean-Vianney  

Le 4 mai 1971, lors d’un soir de séries éliminatoires de hockey, la municipalité de Saint-Jean-Vianney, au Saguenay, est, à son tour, victime d’un mouvement de sol dévastateur.  

Vue du sinistre après le cataclysme de Saint-Jean-Vianney, mai 1971. BAnQ Québec (E10, S44, SS1, D71-99, PE1).
Photo Jules Rochon
Vue du sinistre après le cataclysme de Saint-Jean-Vianney, mai 1971. BAnQ Québec (E10, S44, SS1, D71-99, PE1).

C’est à 22h50 que survient le glissement de terrain. Environ 7 millions de mètres cubes de terre sont emportés dans un énorme gouffre de boue de 300 mètres de diamètre et de 60 mètres de profondeur. Lorsque le sol s’effondre, c’est 42 maisons qui sont englouties. Cet événement tragique a aussi coûté la vie à 31 personnes.    

Vue du sinistre après le cataclysme de Saint-Jean-Vianney, mai 1971. BAnQ Québec (E10, S44, SS1, D71-102, PA6).
Photo Jules Rochon
Vue du sinistre après le cataclysme de Saint-Jean-Vianney, mai 1971. BAnQ Québec (E10, S44, SS1, D71-102, PA6).

Pour en savoir plus: Saint-Jean-Vianney, chronologie d’une catastrophe.  

Un texte de Catherine Lavoie   

  • Vous pouvez consulter la page Facebook de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) en cliquant ici et son site Web en vous rendant ici.  
  • Vous pouvez également lire nos textes produits par la Société historique de Québec en cliquant ici et par la Société d'histoire de Lévis en cliquant ici.   

Sources :    

  • LESSARD, Rénald et ASSELIN, Jean-Philippe, 1816: L’année sans été, L’Ancêtre, vol. 42, no. 313, hiver 2016, pp. 159-161.   
  • LOCAT, Jacques, Localisation et magnitude du séisme du 5 février 1663 (Québec) revues à l’aide des mouvements de terrain, Géorisques IV Géohazards, Laboratoire d’études sur les risques naturels, Département de géologie et de génie géologique, Université Laval, [en ligne]. https://www.geohazard.ggl.ulaval.ca/alea/locat.pdf  
  • SMITH, W E T, Le séisme de Charlevoix survenu en 1663, Ressources naturelles Canada [en ligne]. https://www.seismescanada.rncan.gc.ca  
  • S.a., Dommages du séisme de Charlevoix-Kamouraska en 1925, Ressources naturelles Canada [en ligne]. https://www.seismescanada.rncan.gc.ca  
  • SAINT-PIERRE, Jacques, Les malheurs d’une époque 1859-1979. Québec. Les Publications du Québec, 2010, 204 p.