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Fièvre: une plongée percutante

La pièce Fièvre aborde la maladie mentale avec grand réalisme

Fièvre
Photo courtoisie, David Mendoza Hélaine Carolanne Foucher habite avec réalisme une jeune femme aux prises avec la maladie mentale.

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Fièvre plonge avec énormément de réalisme dans le monde de la maladie mentale. Une œuvre percutante, à la puissance dix, qui frappe fort et qui secoue.

À l’affiche jusqu’au 12 octobre à Premier Acte, la pièce de Rosalie Cournoyer ne fait pas dans la dentelle. Après une introduction tout en lenteur, qui se déroule dans une salle de bain en céramique d’un blanc immaculé, on plonge dans le quotidien d’Elle, une jeune femme instable et qui est visiblement fragile.

On la retrouve en compagnie de Lui, un ami qui est peut-être, aussi, un amoureux. Leur relation est loin d’être facile en raison de l’état de santé d’Elle. Lui est là pour la soutenir et pour l’aider. Du mieux qu’il le peut.

Rébecca Marois livre, en direct, au piano, la trame sonore de Fièvre, avec des musiques et des tonalités qui épousent les moments joyeux et les segments plus sombres et dramatiques. On la voit jouer, parfois, à travers un miroir que l’on retrouve dans la salle de bain.

Elle n’a pas de filtre. Elle dit ce qui lui passe par la tête. On voit le mal qui l’habite. On le voit très fort.

La comédienne Carolanne Foucher, issue de la promotion 2018 du Conservatoire d’art dramatique de Québec, habite avec justesse cette jeune femme qui est secouée par des montées, des descentes, des colères et d’immenses douleurs qui l’habitent.

On assiste à une séquence particulièrement puissante et émouvante, quand Elle refuse d’accompagner Lui, interprété par Vincent Michaud, un autre comédien de la promotion 2018, à sa fête d’anniversaire.

Elle se retrouve dans une énorme crise de panique où elle perd totalement le contrôle. La déflagration est immense et troublante.

Zone de réconfort

L’utilisation de la vidéo crée de beaux effets, comme lorsque des projections sont dirigées sur un ballon.

Fièvre expose, sans donner de réponse, cette réalité de la complexité associée aux maladies mentales, lorsque l’on souhaite aider et apporter du soutien à une personne aux prises avec ce genre de situation. La coquille de l’œuf est fragile et peut casser à tout moment.

Pour sa première œuvre, Rosalie Cournoyer, qui signe aussi la mise en scène de Fièvre, apporte, même si le jeu est un peu inégal par moments, quelque chose de fort et de bien ancré dans la réalité.

Le sujet n’est pas facile, complexe, et elle se tire très bien d’affaire. Un lieu de réconfort a même été aménagé, à l’extérieur de la salle, pour les gens qui pourraient être secoués par cette histoire.

Une histoire qui ne se termine pas bien et qui mène, nécessairement, obligatoirement, à la réflexion. C’est aussi ça, le théâtre.