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Les Kurdes trahis par Trump

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Photo AFP

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Contre l’avis du Pentagone, Donald Trump vient de décider de retirer les troupes américaines du nord de la Syrie. 

Ce retrait laisse libre cours à l’attaque des Turcs qui désirent créer une zone tampon entre la Turquie et la Syrie. Une zone tampon qui risque de se transformer en territoire annexé.  

L’objectif du gouvernement de Recep Tayyip Edogan est de couper les Kurdes de Turquie de contacts avec les Kurdes de Syrie. 

C’est qu’Erdogan est soupçonné de mener un génocide contre les Kurdes de Turquie. Il rêve aussi de reconstruire l’empire ottoman. 

Les Kurdes ont de grandes qualités. 

Ce sont à eux que les États-Unis et leurs alliés doivent une bonne partie de la victoire contre l’État islamique. 

Les Kurdes pratiquent une forme moderne d’islam : les femmes kurdes ne sont pas voilées et elles combattent sur le terrain. Bref, elles sont libres. 

Cet islam s’oppose à celui d’Erdogan ou à celui de l’Arabie saoudite et de l’Iran. 

Les Kurdes risquent maintenant de s’allier avec le gouvernement syrien, et donc avec la Russie. 

La guerre va se poursuivre dans la région. Le nombre de réfugiés va augmenter. Les Turcs vont pourvoir faire chanter l’Europe encore davantage en menaçant de les laisser filer vers elle. Vladimir Poutine va renforcer son emprise régionale.  

Bravo Donald, encore une grande décision en politique étrangère.  

En passant, laisser tomber des alliés à qui on doit une partie de la victoire porte un nom : c’est de la trahison. Les autres alliés des États-Unis vont le noter. 

Les États-Unis vont récolter les fruits amers des stupides politiques qu’ils ont menées au Proche et au Moyen-Orient depuis des décennies.