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L'État islamique pourrait-il bénéficier de la décision de Donald Trump?

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AFP

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L'annonce du retrait des troupes américaines du nord de la Syrie a détourné l'attention à Washington où les médias n'en avaient que pour la procédure de destitution.  

Sitôt annoncée, la décision de Donald Trump a suscité la controverse chez les militaires ainsi qu'auprès de plusieurs élus républicains. J'aurai probablement l'occasion de revenir demain sur la fronde qu'affronte actuellement le président américain.   

Au sein des médias conservateurs comme progressistes, on tente d'expliquer la logique de cette décision. Parmi les réactions les plus alarmistes, j'ai retrouvé celle de Mike Giglio qui commente la politique internationale pour The Atlantic. S'il est clair que le retrait américain déséquilibre les forces dans la région et constitue un abandon des alliés, Giglio va jusqu'à affirmer que c'est une opportunité pour l'État islamique.    

Le départ des Américains signifierait une implication plus grande de la Turquie et c'est justement ce que craint l'auteur:    

«Turkey’s problems in dealing with ISIS show, in part, the extent to which it has been destabilized by Syria’s long-running civil war. It hosts 3.6 million Syrian refugees, more than any other country. At the same time, Turkey has also been plagued by internal fissures and upheaval that have wracked its security and intelligence services. Another issue is priorities: Erdogan is more preoccupied with battling the Kurds than he is with reining in ISIS.». En gros, après le départ des États-Unis, la Turquie pourrait bien se concentrer d'abord sur les Kurdes et négliger l'État islamique. On trahirait ainsi l'allié kurde tout en créant une brèche pour l'ennemi qu'on était venu affronter.   

Donald Trump nous a habitués à des annonces spectaculaires qu'il attribue à sa grande sagesse ainsi qu'à son flair, mais il lui arrive aussi de rebrousser chemin pour maintenir le statu quo. C'est ce qu'espèrent le leadership républicain et les militaires.   

Vous pouvez lire l'analyse de Giglio ici.