/opinion/columnists
Navigation

Choc (superficiel) au sommet

Coup d'oeil sur cet article

REGINA | Les chefs de partis fédéraux ont transporté la campagne sournoise et négative qui se joue depuis des semaines sur le plateau du seul et unique débat en anglais. Décevant.

Il faut dire que la formule retenue ne permettait pas d’approfondir la discussion, surtout avec six chefs sur scène.

« Nous aurions besoin de plus de temps, mais malheureusement, nous n’en avons plus », a laissé tomber avec exaspération une des modératrices durant le débat.

Les chefs se sont donc livrés à un concours de lignes assassines qui n’a pas servi, ou si peu, à éclairer le public.

Les militants, eux, ont sans doute davantage apprécié, si on en croit leur réaction. Le Journal a regardé le débat en compagnie de partisans conservateurs à Régina, où le chef Andrew Scheer est député depuis 2004.

Ils ont applaudi chaque salve de leur leader. « Il est vraiment meilleur qu’avant », s’est réjouie une partisane au cours de la soirée en commentant la performance de M. Scheer.

Avec les aiguilles qui refusent de bouger depuis le début des élections, les chefs fédéraux ont lancé toute la boue qu’ils avaient accumulée dans leurs poches.

Andrew Scheer a lancé le bal dès le début en traitant Justin Trudeau d’imposteur, au lieu de répondre aux questions.

M. Trudeau a plus tard rétorqué que M. Scheer pense tout bas ce que Maxime Bernier dit tout haut... ce qui est loin d’être un compliment.

Le choc au sommet entre MM. Trudeau et Scheer s’est poursuivi durant toute la soirée, se limitant la plupart du temps à des phrases toutes faites et des coups bas. Si les partisans ont apprécié, le commun des électeurs aura été possiblement moins impressionné.

Loi 21

Nous avons tout de même appris certaines choses intéressantes durant ce débat de deux heures. Justin Trudeau semble avoir fait son lit. Pour se distinguer de ses adversaires, le chef libéral a clairement laissé entendre qu’il compte appuyer une contestation judiciaire de la loi québécoise sur la laïcité de l’État.