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Un 229e marathon pour ce coureur de 77 ans

Tout près de chez lui, aux abords de la rivière Saint-Charles, Gilles Lamontagne continue d’emmagasiner le kilométrage au quotidien, en préparation pour le marathon.
Photo Jean-François Desgagnés Tout près de chez lui, aux abords de la rivière Saint-Charles, Gilles Lamontagne continue d’emmagasiner le kilométrage au quotidien, en préparation pour le marathon.

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C’est le cas de le dire, la vie est un marathon pour Gilles Lamontagne. L’infatigable homme de fer de 77 ans franchira dimanche la mythique distance de 42,2 km pour une 229e fois, dans le cadre du Marathon de Québec. Et l’inspirant personnage n’a pas dit son dernier mot.

À quelques jours d’une autre compétition, c’est dans sa demeure dont l’intérieur est orné de ses mille et une médailles et plaques commémoratives que Monsieur Marathon reçoit le représentant du Journal.

Droit comme un chêne, le vénérable coureur qui compte 572 compétitions et plus de 159 400 km dans les espadrilles sourit en racontant ses exploits du passé et du présent.

À neuf reprises, il a couru ce qu’il qualifie de «marathon de tous les marathons», à Boston. C’est à Montréal, en 1983, qu’il a établi son record personnel, quand il a franchi la ligne d’arrivée en 2 h 51 min. En 1998, il a célébré sa retraite à sa façon bien à lui, en s’offrant un véritable festival de 12 marathons en un an. Dont deux le même week-end !

Toujours passionné

Mais par-dessus tout, le mot clé est «toujours». Comme dans le fait qu’au-delà de ses marques personnelles et des compétitions qu’il note soigneusement à la main dans un cahier depuis 40 ans, c’est toujours qu’il prend plaisir à faire le plein d’endorphines.

«Aujourd’hui, je cours mes marathons entre cinq et six heures. J’ai baissé le niveau depuis que j’ai eu 70 ans, mais je n’ai pas le goût d’arrêter. Je trouve encore ça motivant. Je ne compte plus le nombre de fois où, pendant une course, quelqu’un m’arrête pour me dire : monsieur, vous êtes mon inspiration!», se régale-t-il.

Quand même, il y a toute une marge entre courir de courtes distances pour le plaisir de la chose et le fait d’attaquer des marathons.

«Le marathon, c’est une distance spéciale dans l’imaginaire des gens. Pour certains, c’est le rêve d’une vie. Ma façon de voir ça, c’est que le plus difficile est la préparation. Le marathon, c’est la récompense», balance-t-il sans broncher.

Pas encore la fin

Cette liaison addictive entre Gilles Lamontagne et la course à pied est née d’une visite médicale, en 1977, parce qu’il ressentait des étourdissements. Fumeur et en surpoids, il a vite compris que le diagnostic de taux de cholestérol élevé ne disparaîtrait pas sans effort.

Il s’est donc adonné à la course et n’a jamais cessé de consommer cette drogue. Deux ans plus tard, il courait un premier marathon en 3 h 28 min.

«Si je n’avais pas fait ça, tu vois le cimetière Saint-Charles de l’autre bord? Probablement que je serais déjà là!», lance-t-il dans un grand éclat de rire.

Quant à savoir si la fin de sa longue carrière approche, le vétéran a encore quelques tours dans son sac.

«Mon objectif est de finir ça chez moi, à Québec, pour mes 80 ans», tranche-t-il.

L’organisation veut éviter le fiasco de Montréal

Sans pointer du doigt les organisateurs du Marathon de Montréal, où la compétition a été assombrie par un décès et un long délai de départ, Gestev assure de son côté que tout est mis en place et étudié au peigne fin pour éviter qu’une telle situation se reproduise dimanche à l’événement de Québec.

Dans la métropole, le 22 septembre, Patrick Neely a perdu la vie durant l’épreuve du demi-marathon. Les secours ont mis plus de huit minutes à intervenir. Quant au départ du marathon, il a été retardé d’une bonne cinquantaine de minutes.

Gestev, qui chapeaute le Marathon SSQ Assurance de Québec, entend évidemment éviter tout cafouillage malheureux.

«On compatit avec les gens du Marathon de Montréal parce que personne n’est à l’abri. L’objectif d’une organisation de course à pied est toujours d’anticiper tout ce qui peut se passer», a indiqué d’entrée de jeu la productrice déléguée pour Gestev, Marianne Pelchat, elle-même marathonienne.

«Ce qu’on peut dire pour rassurer les gens, c’est qu’on offre l’expertise d’une équipe très fiable qui produit cinq événements et 15 épreuves par année, qui attirent 18 000 coureurs. Nos scénarios de départ sont étudiés à la seconde près», a-t-elle assuré.

À Montréal, il avait été souligné que le manque de bénévoles signaleurs avait nui au départ. À Québec, une trentaine de bénévoles sur les quelque 1500 attendus sont toujours recherchés, mais la situation serait maîtrisée.

Quelques modifications

Par ailleurs, l’édition de l’an dernier marquait l’an 1 d’un parcours à 100 % Québec. Si le décor a plu aux coureurs, certains commentaires ont été émis quant au parcours, et certains secteurs ont été revus.

Six virages ont notamment été éliminés dans la portion du quartier Sillery. Le segment qui amène les coureurs le long de la rivière Saint-Charles a aussi été revu pour proposer une ligne plus rapide.

«On entend les commentaires et on agit, a mentionné Marianne Pelchat. On propose donc une version améliorée du parcours, même si la topographie de Québec fait en sorte que ce ne sera jamais un marathon de record. Le pari qu’on prend, c’est de miser sur un marathon de destination pour démocratiser la course à pied.»


► L’an passé, 1600 coureurs avaient pris part au marathon de 42,2 km pour un total de 8200 coureurs dans toutes les épreuves. Cette année, l’organisation souhaite attirer 8500 participants.