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«Le pire printemps de ma vie!» –Luc Maurice, PDG du Groupe Maurice

Le Groupe Maurice veut prendre de l’expansion vers l’Europe et les États-Unis

Le président et fondateur du Groupe Maurice, Luc Maurice, a inauguré hier un quatrième complexe dans la capitale nationale. Le projet, baptisé Margo, compte 329 unités, et la facture a atteint 70 millions $.
Photo Jean-François Desgagnés Le président et fondateur du Groupe Maurice, Luc Maurice, a inauguré hier un quatrième complexe dans la capitale nationale. Le projet, baptisé Margo, compte 329 unités, et la facture a atteint 70 millions $.

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Au printemps, le patron du Groupe Maurice a livré l’un de ses plus gros combats en carrière. Acculé dans les câbles par son ex-partenaire, il a dû dénicher près d’un milliard de dollars pour conserver son entreprise. Alors que la poussière retombe, la direction vise maintenant une expansion vers l’Europe et les États-Unis.

« Cela a été le pire printemps de ma vie professionnelle ! Toutefois, ç’a été excitant de battre les probabilités », confie au Journal le président du Groupe Maurice, Luc Maurice.

Pour se rafraîchir la mémoire, son ex-partenaire d’affaires durant 15 ans, la société Ipso Facto, lui a imposé au printemps un ultimatum.

En fait, le Groupe Maurice a été contraint de trouver des centaines de millions de dollars pour acheter les parts de son bailleur de fonds (987 millions de dollars), sans quoi Ipso Facto avalait la compagnie.

C’est finalement le fonds immobilier américain Ventas qui a permis à M. Maurice de demeurer à la tête de son organisation grâce à un chèque d’environ 2 milliards $. En échange, il est devenu propriétaire de 85 % du parc immobilier du Groupe Maurice.

Des milliards $ en investissements

Aujourd’hui, avec du recul, le président estime que ce changement est « positif » pour son organisation. Il a maintenant les moyens de ses ambitions.

Pour la prochaine décennie, le Groupe Maurice vise la construction de « deux à quatre » résidences par année et prévoit investir plusieurs milliards de dollars. L’organisation veut « doubler ou tripler » son parc immobilier, qui compte 31 résidences au Québec.

Pour atteindre son objectif, vers la fin 2020 ou 2021, l’entreprise souhaite « attaquer » le marché ontarien, notamment Toronto. La direction mentionne avoir déjà des pourparlers pour cinq sites. En parallèle, la compagnie aimerait réaliser ses premiers pas du côté du pays de l’Oncle Sam.

« Il y a quelques semaines, je suis allé à Chicago pour voir des résidences. Nous n’avons pas à avoir honte. Je pense que nous pourrions nous positionner pour être en avant dans la parade », avance l’entrepreneur.

« Nous avons déjà ciblé des villes aux États-Unis. L’objectif serait d’amorcer des développements en 2021, 2022 et 2023. Nous voudrions en construire environ trois par année à l’extérieur du Québec, soit en Ontario ou aux États-Unis », ajoute-t-il.

Ensuite, d’ici cinq ans, une première résidence est dans les plans pour le continent européen. La direction refuse toutefois pour le moment d’en dire davantage.

M. Maurice ne cache cependant pas que certains projets de développement au Québec pourraient être ralentis en raison de la rareté de la main-d’œuvre. Il note que l’impact se fait principalement sentir lors de nouvelles constructions.

À Montréal, au cours des prochains mois, l’homme d’affaires de 62 ans aimerait construire trois résidences, et pour Québec, « un ou deux projets » sont dans les cartons.