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Propos controversés: le chef du Bloc refuse de sévir

Propos controversés: le chef du Bloc refuse de sévir
Photo Stevens LeBlanc

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En dépit des appels à sévir, le chef bloquiste Yves-François Blanchet refuse d'expulser ses quatre candidats qui ont écrit ou partagé des propos anti-islam.

Notre Bureau d’enquête a rapporté jeudi des propos haineux ou dégradant envers l’islam des candidats Caroline Desbiens, Lizabel Nitoi, Claude Forgues et Valérie Tremblay.

«J’étais très mécontent de çà. J’ai demandé des excuses de tous les candidats. [...] Moi comme chef, c’est mon devoir de m’excuser au nom du parti», a dit M. Blanchet à son arrivée jeudi au débat des chefs.

Il a souligné que c’est lui qui avait exigé que les candidats aient la même déclaration.

«Je n’aurais pas laissé les gens formuler quelque chose d’une manière inadéquate», a-t-il soutenu.

Par ailleurs, il a réaffirmé que les candidats ne seraient pas exclus, expliquant que toutes les formations politiques ont «des candidats qui ont présenté des excuses et qui sont toujours candidats».

«Je m’en remets à la plus haute autorité [...] les électeurs et les électrices du Québec», a-t-il ajouté.

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Consanguinité

Candidate bloquiste dans Marc-Aurèle-Fortin, Lizabel Nitoi a partagé par exemple un article évoquant la «consanguinité massive dans la culture musulmane» et des effets «sur leur intelligence, leur santé mentale, ou leur santé tout court».

De son côté, Claude Forgues a partagé en avril dernier une vidéo avec la mention «L’Islam n’est pas malade !... l’islam est maladie !» sur son compte Facebook personnel.

Jeudi matin, avant leur chef, les quatre bloquistes ont tous partagé la même déclaration sur Facebook. «Si mon geste a pu offenser, je m'en excuse sincèrement, telle n'était pas mon intention», ont-ils tous écrit, entre autres, dans un message qui ne condamnait pas les propos qu’ils ont partagés sur internet.

Appuis à Le Pen

Le groupe Canadians United Against Hate a demandé au chef bloquiste d’expulser les quatre candidats «s'il espère avoir une crédibilité auprès des communautés racialisées du Québec».

De son côté, le chef néo-démocrate Jagmeet Singh s’est dit troublé par l’article du «Journal de Montréal», indiquant que «la haine est quelque chose qu’il faut dénoncer». Il a affirmé que dans son parti, de tels propos n’étaient «pas acceptables».

Sur les réseaux sociaux, la libérale Mélanie Joly a parlé de «commentaires et des publications inacceptables».

Dans le cas de la bloquiste Caroline Desbiens, qui se présente dans Beauport-Côte-de-Beaupré-Île d'Orléans-Charlevoix, elle a notamment publié en 2016 au moins deux messages sur Facebook en appui à Marine Le Pen, la chef du principal parti d’extrême droite en France, reconnu pour ses positions anti-immigration et islamophobes.

Mme Desbiens a aussi écrit sur Facebook en 2013 qu’il fallait faire avancer la loi sur la laïcité du Québec pour «éviter le pore [pire]... Soit que dans quelques années, vos filles, petites filles et arrière-petites-filles soient obligées de se mettre un voile sur la tête pour aller faire des courses chez IGA sous peine de se voir jeter en prison».

Son adversaire libérale, Manon Fortin, a soutenu que les gens de la circonscription de Beauport-Côte-de-Beaupré-Île d’Orléans-Charlevoix «ne se reconnaissent pas dans de tels propos qui ne reflètent en rien nos valeurs. Les gens de notre région sont accueillants et ouverts».

Mme Fortin a également demandé au chef du Bloc de «prendre les mesures qui s’imposent».

Le chef adjoint du Parti vert du Canada, Daniel Green, a aussi réagi.

«Les récentes déclarations qu’ont tenues les candidat.es bloquistes sur des questions identitaires sont très inquiétantes», a dit M. Green, en demandant au chef du bloc de sévir contre les quatre candidats.

«Nous reconnaissons qu’aucun parti politique, incluant le Parti vert du Canada, n’est à l’abri de telles situations, a-t-il poursuivi. Et c’est pourquoi le Parti vert a déjà dû se départir de candidats qui ont agi de la sorte et nous attendons à ce que M. Blanchet fasse de même. En 2019, les plates excuses ne suffisent plus.»