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Selon la défense, Fredette n’avait l’intention de tuer personne

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SAINT-JÉRÔME | La conjointe d’Ugo Fredette aurait provoqué celui-ci en le poussant dans les escaliers quelques minutes avant d’être tuée, a insisté l’avocat de la défense dans sa plaidoirie finale. 

«Il ne faut pas balayer du revers de la main le fait que c’est un geste de violence, ça. C’est une voie de fait», a souligné ce matin Me Louis-Alexandre Martin, au palais de justice de Saint-Jérôme. 

Dans sa plaidoirie finale d’une durée d’environ une heure et quart, le criminaliste a tenté de convaincre les neuf hommes et les trois femmes du jury que son client n’avait pas l’intention de tuer qui que ce soit le 14 septembre 2017. 

Ugo Fredette est accusé du meurtre prémédité de sa conjointe Véronique Barbe et d’Yvon Lacasse, un aîné dont il a pris le véhicule pour fuir avec un enfant de 6 ans. 

Les crimes présumés auraient été commis dans la résidence du couple à Saint-Eustache et à la halte routière située à l’angle des routes 329 et 158, à Lachute. 

Pour la défense, il semble clair que Mme Barbe a provoqué Fredette le jour du drame. 

En plus d’avoir poussé son conjoint dans l’escalier lors d’une chicane houleuse, la femme de 41 ans aurait tenté de l’attaquer avec un couteau dans la cuisine, selon le témoignage de l’accusé. 

«Il y a eu le coup de couteau, la médisance, le dénigrement, la poussée. Si on met tout ça ensemble, ce n’est pas illogique de croire qu’une personne ordinaire aurait pu atteindre son point de rupture», a résumé Me Martin. 

La théorie de la défense est que Fredette a causé la mort de sa conjointe dans un accès de colère accumulée. 

«C’est clair que les fils se sont touchés, le chaudron a explosé», a illustré l’accusé la semaine dernière. 

Quant au décès d’Yvon Lacasse, la défense soutient que la cause de sa mort demeure imprécise, notamment parce que le pathologiste n’a pu déterminer quelle fracture est à l’origine du traumatisme fatal. 

«Son guess est aussi bon que le mien», a plaidé le criminaliste, ajoutant qu’il est possible que des animaux sauvages aient brisé certains os de l’aîné après que le corps de celui-ci eut été déposé dans un boisé. 

La Couronne a plutôt laissé entendre, lors du contre-interrogatoire de Fredette, que celui-ci avait tendu un piège à l’homme de 71 ans en simulant une crevaison, dans le but de lui voler sa voiture pour fuir sans être embêté par la police. 

«Posez-vous la question, à savoir si on ne va pas un peu trop loin dans l’explication», a lancé Me Martin. 

Pour la défense, ce n’est rien d’autre qu’une bagarre entre deux hommes qui a dégénéré parce que Fredette voulait protéger un enfant qui l’accompagnait. 

Bien qu’il ne l’ait pas répété ce matin lors de sa plaidoirie finale, le criminaliste espère convaincre le jury de déclarer Ugo Fredette coupable de deux homicides involontaires au lieu de deux meurtres prémédités. C’est la thèse qu’il avait avancée lors de son exposé d’ouverture. 

La Couronne plaidera demain et les jurés recevront les directives finales de la juge Myriam Lachance la semaine prochaine.