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Sonner l’urgence climatique, c’est ça qui compte!

Sonner l’urgence climatique, c’est ça qui compte!
Photo Agence QMI, Pascal Girard

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C’est peut-être la plus grosse tempête politique dans un tout petit verre d’eau qu’on aura vu au Québec depuis un bon bout de temps.  

Eh oui. Ce mardi, à Montréal, des membres du groupe écologiste Extinction Rebellion ont grimpé la structure imposante du pont Jacques-Cartier pour y dérouler une banderole pro-environnement.  

Le résultat, il est vrai, n’était pas plaisant. De nombreux automobilistes s’en retrouvés bloqués et retardés pour quelques heures.  

Est-ce que c’était le meilleur choix stratégique pour Extincion Rebellion? Non, c’est sûr.  

Leur erreur est non pas d’avoir voulu faire un coup d’éclat parfaitement pacifique pour alerter l’opinion publique sur l’urgence climatique. Doit-on encore le redire : manifester pacifiquement est un droit fondamental protégé par nos deux chartes des droits, la canadienne et la québécoise.  

Leur erreur, leur vraie, est double.  

La première est d’avoir posé un geste illégal.  

La deuxième est d’avoir très mal choisi la ville pour bloquer un pont à l’heure matinale de pointe. Cette ville, Montréal, étant déjà congestionnée de manière chronique, autant par une circulation anarchique que des chantiers à n’en plus finir.  

Pour les automobilistes pris mardi matin à perdre de précieuses heures de leur temps alors qu’ils allaient travailler ou reconduire leurs enfants à l’école ou à la garderie ou encore, qu’ils se rendaient pour un rendez-vous médical, ce fut la goutte de trop. Et ça se comprend parfaitement bien.  

Comme je le suggérais mardi soir sur les ondes de RDI, Extinction Rebellion eût bien mieux fait de s’inspirer de l’exploit mémorable de l’activiste Hans Marotte qui, en 1988, pour alerter l’opinion, avait escaladé la croix du Mont-Royal pour y déployer une banderole à la défense de la loi 101.  

Croyez-moi, son geste n’était pas passé inaperçu. Et c’est peu dire.  

Cela dit, l’urgence climatique est bien réelle. Elle est amplement documentée scientifiquement. Même les élus de l’Assemblée nationale l’ont reconnu en se votant une motion unanime.  

Doit-on aussi rappeler qu’en pleine campagne électorale fédérale, près d’un demi-million de personnes ont marché à Montréal pour appeler les gouvernements à agir nettement plus résolution contre les changements climatiques?  

De nombreuses autres marches ont aussi lieu dans les régions du Québec, à travers le Canada et le monde entier.  

Bref, au lieu de casser du sucre sur l’erreur de jugement d’Extinction Rebellion - ou encore, d’en faire de la petite politique partisane à l’Assemblée nationale avec le blocage du pont Jacques-Cartier de ce mardi – tout ce crêpage de chignon entre les partis politiques commence en effet à ressembler drôlement à de la diversion du vrai problème -, pourrait-on enfin retourner au vrai sujet, soit à l’urgence climatique?...