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Un autre «criminel» pourra toucher des indemnités de la SAAQ

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QUÉBEC | Déclaré coupable de négligence criminelle après avoir happé mortellement une femme enceinte en août 2016 à Québec, Jonathan Falardeau-Laroche est tout de même admissible à des indemnités de la Société de l'Assurance automobile du Québec (SAAQ).

C’est ce qu’a immédiatement pensé l’avocat Marc Bellemare en apprenant le verdict de culpabilité dans ce dossier, mercredi. Il ne s’agit d’un cas isolé, a-t-il dénoncé.

Comme les autres victimes de la tragédie qui a coûté la vie à Marie-Pier Gagné, cette femme enceinte de 40 semaines frappée devant le Centre hospitalier de l'Université Laval (CHUL), Jonathan Falardeau-Laroche peut être admissible à des indemnités de la SAAQ pour les sévices subis en lien avec l'accident.

«On peut par exemple lui verser un remplacement de revenus s'il ne peut travailler, lui payer des traitements psychologiques. C'est une aberration que la loi considère ces gens-là sur le même pied que leurs propres victimes au moment de l'accident. On lui retire son permis de la main droite en lui disant que ''ce n'est pas beau ce que tu as fait, tu vas peut-être aller en prison'', et en même temps, de la main gauche on lui donne un chèque», a dénoncé Me Bellemare.

Pour l'avocat, la loi actuelle est d'autant plus aberrante qu'elle empêche les «vraies victimes» de poursuivre au civil les responsables d'actes criminels. Une situation qu'il dénonce depuis de nombreuses années. Il espère voir changer avec l'arrivée de la CAQ au pouvoir.

«Le Manitoba a adopté un ''no fault partiel'' qui prévoit des exceptions si vous avez été blessé en commettant un acte criminel... il y a au moins un signal qu'on envoie. Le gouvernement de la CAQ devrait bouger là où les autres gouvernements n'ont pas bougé depuis 41 ans», a soutenu l’avocat.

Au bureau du ministre des Transports, on affirme que d'abolir le "no fault" ne faisait pas partie des engagements de la CAQ lors de la dernière campagne électorale et que l’on n’a pas l’intention d’ouvrir ce débat.

Jonathan Falardeau-Laroche, 25 ans, a été reconnu coupable de négligence criminelle causant la mort. Épileptique, il savait que son état de santé ne lui permettait pas de prendre le volant le jour du drame.

La victime de 27 ans venait de quitter le CHUL et se trouvait sur un passage piétonnier du boulevard Laurier lorsqu’elle a été frappée et «violemment projetée dans les airs». In extremis, les médecins ont réussi à sauver sa petite fille en pratiquant sur la maman une césarienne d’urgence.