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«La maîtresse de l’horloger» de Denis Monette: retour inattendu à l’écriture

La maîtresse de l'horloger
Photo courtoisie, Alain Lefort

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Denis Monette avait annoncé, lors de la parution de son dernier roman, Les enfants de Mathias, que c’était le dernier et qu’il prenait sa retraite. Mais le romancier à succès, maintenant octogénaire, a changé d’idée et propose cet automne un nouvel opus à ses lecteurs, La maîtresse de l’horloger.

En entrevue, il explique ce qui s’est passé. «J’ai voulu faire un retrait de l’écriture, un retrait du milieu pour un bout de temps. En 2017, je n’étais vraiment pas bien. J’avais un état de santé précaire.

Après, j’ai embarqué dans le mouvement de la retraite, mais ça n’existe pas, la retraite, pour un écrivain, un comédien, un chanteur. La retraite n’existe pas pour les artistes : on meurt avec son savoir-faire.»

Il n’était pas certain de revenir... mais il a été incapable de faire le deuil de sa plume, et encore moins le sevrage de l’écriture, dit-il avec humour.

«Ça explique mon absence et mon retour. D’autant que ma santé va beaucoup mieux.»

Denis Monette avait déjà le synopsis de La maîtresse de l’horloger dans son tiroir. «J’avais même fait un premier jet et je me disais... peut-être que si je retrouve la force et le goût d’écrire, ça pourrait être une œuvre posthume. C’est ce que j’avais dit à ma fille. Et finalement, lorsque j’ai dit à mon éditeur que j’étais rendu aux trois quarts de mon nouveau roman, ils ont sauté sur moi et m’ont fait signer un contrat pour le sortir tout de suite. Maintenant, il va falloir que j’écrive une autre œuvre, à laisser à mes petits-enfants!»

Vie de couple mouvementée

Son nouveau roman n’est pas une grande fresque familiale comme il en a l’habitude, mais un portrait d’une vie de couple mouvementée, marquée par les tiraillements et les abus, l’aveuglement amoureux et les mœurs d’une autre époque.

L’histoire commence en 1971 et raconte les tourments de Jacques, un horloger qui, après 18 ans de vie commune avec une nouvelle conjointe, Muriel, décide de retourner auprès de sa première épouse, de laquelle il n’avait jamais divorcé.

«C’est un roman qui sort de l’ordinaire», commente l’auteur. «Ce couple est soudé beaucoup plus par le corps que par le cœur... L’horloger ne tient pas à Muriel ; il tient plutôt à toutes celles qu’il rencontre! Non seulement il ne la respecte pas, mais il lui a pris ses plus belles années — de 30 à 48 ans. Il en dispose comme d’un briquet jetable.»

Denis Monette explique que tout au long du roman, le lecteur est en compagnie de Jacques et Muriel.

«Ce monsieur tient à son titre d’horloger ; il connaît l’opéra, les peintres célèbres. Il est parfois très sarcastique avec elle.»

Émotions et sentiments

Muriel aime son Jacques aveuglément. «Il y a énormément d’émotions et de sentiments en elle : tout ce que lui n’a pas, elle l’a en double. Elle l’aime beaucoup plus qu’il l’aime. Elle se laisse avoir par l’aspect charnel qu’il lui apporte parce qu’autrement, ce n’est pas un garçon tellement intéressant ! Mais n’oubliez pas que nous sommes dans les années 1970...»

<b><i>La maîtresse de l’horloger</b></i><br>
Denis Monette, Éditions Logiques, 336 pages
Photo courtoisie, Éditions Logiques
La maîtresse de l’horloger
Denis Monette, Éditions Logiques, 336 pages

► Denis Monette a vendu plus d’un million d’exemplaires de ses romans, tous des best-sellers.

► Il sera au Salon du livre de Montréal.