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«Tempêtes» d'Andrée A. Michaud: mystère sur la montagne

Andrée A. Michaud
Photo courtoisie, Marianne Deschênes Andrée A. Michaud

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Auteure du best-seller Bondrée, un roman récompensé de plusieurs prix, Andrée A. Michaud propose dans Tempêtes une histoire inquiétante, sombre à souhait, où la folie se faufile à travers la fureur des éléments. Cette histoire déroutante se déroule sur deux saisons, d’un versant et de l’autre de la mystérieuse Cold Mountain. Frissons d’horreur garantis.

Quelque part dans les montagnes qu’on devine être dans le sud-est du Québec, Marie, une femme seule, vient d’emménager dans une maison léguée par son oncle, mort mystérieusement.

Déterminée à découvrir la vérité (meurtre ou suicide ?), elle est freinée dans sa quête par un blizzard effrayant.

Son histoire s’imbrique dans le deuxième récit, se déroulant en pleine canicule. Cette fois, c’est un homme, seul sur un terrain de camping, qui est surpris par de violents orages. Autour de lui, des cadavres apparaissent, portés par les eaux en crue.

La nature prend le dessus dans Tempêtes, et Andrée A. Michaud décrit avec finesse l’atmosphère oppressante qui s’installe sur les deux versants de Cold Mountain.

«C’est toujours un lieu qui m’inspire mes romans, dit-elle, en entrevue. Il y a une montagne, près de chez moi, qui n’est pas gigantesque comme celle que je décris dans Tempêtes, mais qui m’impressionne toujours. Et quand on arrive à cette montagne par une petite route, on a vraiment l’impression d’être avalé par la montagne. C’est un peu ce que je décris.»

Deux récits qui se rejoignent

En cours d’écriture s’est présentée une idée concernant un terrain de camping. «Je n’arrivais pas à me brancher entre mes deux idées, j’étais attirée à la fois par l’une et par l’autre. Écrire deux romans en même temps ? Pourquoi pas! J’ai fait en sorte que ces deux récits se rejoignent, chacun sur un versant de la même montagne.»

Andrée A. Michaud dit qu’elle n’est pas «la fille la plus brave au monde», et que se retrouver dans un chalet isolé, en pleine tempête, la ferait peut-être paniquer comme son personnage. Mais Marie ne lui ressemble pas.

«J’ai vécu assez longtemps proche de la nature pour savoir que ce n’est pas la nature qui est dangereuse, ce sont les êtres humains qui peuvent l’habiter.»

Marie, justement, est une personne relativement équilibrée, mais un brin fragile.

«Elle arrive à un point de son existence où elle ne sait plus trop où elle s’en va. Il y a cet oncle qui meurt et lui lègue sa maison, et sans trop réfléchir, elle y déménage tout de suite, sans prendre le temps de penser à l’isolement de la place. Et c’est là que tout dégénère.»

Andrée A. Michaud a une fascination pour la nature déchaînée, qui prend le contrôle sur tout. «Quand j’essaie de décrire une tempête ou un orage, je suis heureuse parce que j’aime que ces éléments se déchaînent. Je trouve ça beau.»

Faire peur

Malgré la violence de certaines scènes, elle a pris plaisir à penser qu’elle allait susciter des émotions et une certaine angoisse à ses lecteurs. Leur faire peur, même.

«Quand on écrit un roman qui se veut un roman d’horreur, c’est le but qu’on poursuit ! J’ai pris plaisir à faire les descriptions des tempêtes, à faire en sorte que Marie se dirige lentement mais sûrement vers la folie. Et si le genre est si populaire, c’est qu’on aime avoir peur!»

Et elle, qu’est-ce qui lui fait peur? «Entendre un bruit qu’en principe, je ne devrais pas entendre, ou entendre la voix de quelqu’un qui n’est pas là, ça pourrait me faire peur... mais ça ne m’est jamais arrivé!»

  • Andrée A. Michaud a écrit plusieurs romans, dont plusieurs ont été primés. Mirror Lake a été adapté au cinéma en 2013.
  • Il y a un projet d’adaptation d’une série télé avec son roman Bondrée­­­.

EXTRAIT

Tempêtes, Andrée A. Michaud, Éditions Québec Amérique, 360 pages
Photo courtoisie
Tempêtes, Andrée A. Michaud, Éditions Québec Amérique, 360 pages

«La nuit était sur le point de tomber quand Franck, c’est ainsi que j’avais décidé de l’appeler, m’a annoncé d’une voix monocorde qu’il s’en allait. J’ai tenté de l’en dissuader. Il ne ferait pas un demi-kilomètre dans cette tempête avant de s’enliser dans la neige.

Il allait crever de froid, se perdre dans la noirceur du ciel, s’enfoncer dans un ruisseau, mais il ne m’écoutait pas.»

— Andrée A. Michaud, Tempêtes,

Éditions Québec Amérique