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Une loi fondamentale sous le radar

Une loi fondamentale sous le radar

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Mercredi dernier, quelque chose s’est passé sans que personne n’en entende parler: une majorité de députés ont débattu et onr voté pour «que l’Assemblée nationale demande au gouvernement d'évaluer la proposition visant à doter le Québec d’une constitution québécoise».  

À l’Assemblée nationale, il y a une foule de gestes comme ceux-là qui passent inaperçus. Des points de presse avec des organismes communautaires, du travail constructif en commission parlementaire, et des moments de grâce durant lesquels les partis arrivent à s’entendre sur quelque chose d’assez fort.    

Une bébelle d’identitaires québécois?      

Pas du tout. La Colombie-Britannique a d’ailleurs la sienne. Et mercredi dernier, à l’initiative de la députée indépendante de Marie-Victorin, Catherine Fournier, la CAQ et le PLQ ont voté pour cette motion. La CAQ a toutefois fait retirer la fin de la proposition originale de Fournier «[...] d’ici la fin de la présente législature». Et la notion d'engagement formel a également été retirée du texte.    

Il faut dire que les formations politiques, souvent par leurs ailes jeunesse, l’ont presque toutes proposé dans les années passées.     

Une constitution, c’est quoi au fait?     

La commission de la relève de la CAQ le dit comme suit, dans un engagement de 2015: «Une constitution est un système de lois et de conventions en vertu duquel un État est gouverné. [...] Le temps est venu pour le Québec d’adopter une constitution formelle qui rassemblerait dans un texte unique les dispositions des lois fondamentales québécoises».    

Une constitution, ça comprend quoi?     

Les jeunes libéraux proposaient ceci en 2018: «Assurer que la constitution du Québec rassemble, notamment, les documents suivants : la Charte des droits et libertés de la personne, la Charte de la langue française, la Loi sur le ministère des Relations internationales, la Loi électorale et la Loi sur la consultation populaire [...]».      

À noter que le PQ et QS se sont abstenus, agacés par les amendements qui sont venus édulcorer la portée de la motion, retirant toute limite temporelle et un engagement quelquconque à l'adoption d'une constitution. Le chef péquiste a tout de même dit qu’il allait collaborer à un tel processus.    

Une discussion identitaire constructive  

Je pense que ça vaut la peine de souligner que la proposition vient d’une députée indépendante. C’est ingrat, d’être seul. Catherine Fournier, avec sa minuscule équipe, vient de poser un geste constructif pour le Québec plutôt que défensif.    

Elle réussit à parler d’identité en sortant du Bonjour-Hi, des seuils d’immigration, de l’interdiction des signes religieux. Chapeau.    

Évidemment, rien n’est concret pour le moment. Imaginez-vous le travail que cela représentera, nous entendre collectivement sur une constitution. Mais l’Assemblée nationale, celle qui vous représente, celle qui vous déçoit par moment, a posé un jalon d’affirmation nationale.