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Air Canada dans le vent

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Dans un communiqué diffusé en anglais seulement, Air Canada a annoncé cette semaine qu’elle bannissait l’expression, « Bonjour ou Bonsoir, mesdames, messieurs » avec laquelle on nous accueille dans ses avions.

Cette décision prise par un comité interne, on l’imagine, fait d’Air Canada la compagnie aérienne la plus exemplaire en matière de rectitude politique.

Air Canada veut assurer un « espace inclusif » pour tous. Comprenons que la compagnie s’inscrit dans le mouvement actuel dont le Canada de Justin Trudeau est le chef de file, qui accommode les personnes de genre X.

En effet, le Canada offre aux citoyens d’inscrire le genre X dans leur passeport et sur le certificat de citoyenneté. Mais comment les non genrés avec un tel passeport peuvent-ils mettre les pieds dans la majorité des pays du monde dont certains criminalisent les « déviants sexuels » ?

Peut-on voyager à travers le monde avec un tel titre de voyage sans se créer des inconvénients majeurs aux frontières de pays théocratiques, par exemple ?

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Nouvelles formules

Air Canada peut-elle appliquer sa nouvelle politique ? Après le « bonjour-hi », qu’on nous lance avec enthousiasme et un sourire radieux lorsqu’on pénètre dans la cabine de l’avion, on nous interpellera peut-être avec un « Bonjour le monde » ou bien « Bonjour, la gang », ce qui aurait le mérite d’appliquer le bilinguisme intégral.

Le personnel de bord semble d’accord avec cette façon de s’adresser aux voyageurs. Mais selon la logique de la chose, comment interpeller une personne ? Les formules « Pardon, madame », « excusez-moi, monsieur » seront-elles interdites, car un transgenre n’est pas nécessairement un travesti. Cela ne se voit pas à l’œil nu. On pourrait proposer alors, « Un instant, vous », voire « Pardon, toi ».

Pendant ce temps, à Air Canada Rouge, on continue, hommes, femmes ou non genrés, à être tassés comme des sardines. Pas d’accommodements ici pour la majorité.