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GNL Québec : «Je n’irai pas mettre un milliard $ là-dedans», Pierre Fitzgibbon

Trop de questions sans réponses, selon Fitzgibbon

Pierre Fitzgibbon
Photo d'archives, Simon Clark Pierre Fitzgibbon

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Le ministre de l’Économie du gouvernement Legault prévient le promoteur du projet GNL Québec : il ne sortira pas son chéquier pour Gazoduq et Énergie Saguenay.

« Je n’irai pas mettre 1 milliard $ là-dedans », a lancé au Journal le ministre Pierre Fitzgibbon, en marge d’une tournée de consultation portant sur le Plan d’électrification et de changements climatiques, mardi, à Montréal.

Une quarantaine d’économistes ont publié une lettre ouverte, mardi, dénonçant les projets Gazoduq et Énergie Saguenay qui feraient bondir les émissions de gaz à effet de serre (GES) et nuiraient au marché de l’emploi déjà fragilisé par la pénurie de main-d’œuvre.

Des peanuts

En gros, les signataires de la lettre craignent que le gazoduc de 750 km, l’usine et le port de GNL Québec fassent baisser le prix du gaz au détriment des énergies propres.

Comme c’est le cas en Nouvelle-Angleterre, où l’on boude notre hydroélectricité « parce que le gaz coûte des peanuts », selon les mots du professeur à l’Institut des sciences de l’environnement de l’Université du Québec à Montréal, Éric Pineault, signataire de la lettre.

« Si ce gaz-là va remplacer l’hydroélectricité, ça n’a pas de bon sens », tranche à son tour le ministre Fitzgibbon.

8 ou 9 milliards $

Selon lui, même si le projet GNL Québec peut être bon pour l’économie, trop de questions restent encore en suspens.

Le projet, qui devrait coûter 8 ou 9 G$, peut être intéressant s’il vient appuyer la transition énergétique dans certains endroits du Québec, mais il faut d’abord savoir à quels besoins énergétiques il répondra vraiment.

Si l’énergie produite sert à remplacer le charbon dans un pays comme la Russie, il peut devenir intéressant. Mais s’il vient nuire aux efforts du Québec en matière de lutte contre les GES en prenant la place de l’énergie verte... sa pertinence est discutable.

« Où va aller ce gaz-là ? S’il n’y a pas de marché pour le gaz naturel, il n’y a pas de projet », a conclu le ministre Pierre Fitzgibbon.