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Imposant mandat

Imposant mandat
Photo Pierre-Paul Poulin

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Pour l’Impact, les prochains mois seront cruciaux. À la croisée des chemins, le club doit améliorer aussi sa structure sportive.

Kevin Gilmore a franchi un pas en ce sens il y a de ça quelques semaines en engageant un nouveau directeur sportif, Olivier Renard. Ce dernier tracera le cadre d’un point de vue technique et va s’affairer à rebâtir un effectif plein de trous.

Tout en haut de sa liste, Renard verra écrit en gras, souligné trois fois : trouver un nouvel entraîneur.

Quelqu’un en mesure d’appliquer sa vision et de comprendre comment naviguer cette transition tout au long de la prochaine saison.

Parce que c’est une chose d’insuffler une nouvelle direction à une entreprise, c’en est une autre d’engager les bonnes personnes pour relever des mandats.

De plus, Renard ne peut se contenter de « Yes Men ». Il aura besoin de gens à l’interne qui sauront remettre en question ses décisions et pousser sa réflexion vers de nouveaux horizons.

Trouver les bonnes réponses

En fait, à ce stade-ci de son histoire, que veut vraiment l’Impact ? Est-ce que ses dirigeants veulent offrir une équipe « capable de gagner tout de suite » ou un projet plus méthodique où la patience de tous sera mise à l’épreuve ?

À mon avis, l’Impact doit être clair. Chaque saison, le discours est trop vague. « On veut gagner, » semble dire le club en haussant les épaules. Je ne vous apprends rien en écrivant que les 23 autres équipes de la MLS veulent la même chose. Pour les partisans, ce n’est pas très engageant comme discours.

En somme, les partisans doivent être partie prenante de cette équipe et pour ce faire, le message communiqué doit être plus clair.

Ils doivent être reconnus comme des partenaires et comprendre dans quel contexte s’inscrivent les décisions du club.

Parce qu’on a l’impression que par longs bouts, l’Impact délirait en voulant nous faire croire qu’il avait un effectif compétitif. Cette mauvaise lecture est en soi une des raisons principales pour cette succession d’entraîneurs que nous avons connus au cours des huit dernières années.

Année après année, les dirigeants de cette équipe se sont eux-mêmes bercés d’illusions en croyant qu’ils avaient assemblé une bonne équipe.

Et, chaque fois, c’est l’entraîneur qui a bu la tasse parce qu’il n’arrivait pas à faire fonctionner celle-ci, d’en tirer le meilleur.

À un moment, il faut arrêter de mentir aux partisans et à soi-même.

Ambition et réalisme

Rarement aura-t-on vu une aussi longue liste de choses à faire pour un directeur sportif. À peine arrivé à Montréal, Olivier Renard doit s’atteler à plusieurs gros chantiers.

D’abord, il doit revoir l’orientation, la philosophie de l’Impact. Ensuite, et ça va de pair avec l’idée précédente, il doit regagner la confiance des partisans.

À tout ceci, j’ajouterais qu’il doit reconnecter avec les anciens joueurs qui sont trop souvent devenus des parias aux yeux de l’organisation.

Ce rapport compliqué aux anciens du Bleu-blanc-noir s’incarne dans cette façon maladroite avec laquelle le club a tenté de les honorer.

Parce qu’il y a eu le « club des bâtisseurs » qui comprend sept membres, dont moi-même, et qui est vite tombé dans l’oubli... malgré le fait qu’il existe toujours sur le site internet du club.

Mauro Biello a ensuite vu son numéro être retiré avant qu’on annonce qu’on n’en retirerait plus à l’avenir. Et finalement, l’équipe a inventé le « Mur de la renommée » qui compte à ce jour trois membres... dont un, Gabriel Gervais, qui fait aussi partie du « Club des bâtisseurs » !