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Éducation : bons points de la CAQ

Éducation : bons points de la CAQ
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Il faut applaudir, même si on n’est pas caquiste. 

Mes nombreux amis, il faut savoir en toute honnêteté reconnaître les bons gestes posés par le gouvernement de François Legault, même si nous n’avons jamais voté caquiste et encore moins adéquiste. Des décisions nécessaires et courageuses prises par la CAQ et qui sont diamétralement opposées aux façons de faire des libéraux de Jean Charest et de Philippe Couillard. 

Abolition des commissions scolaires : il était temps 

Il faut arrêter de colporter l’illusion de la démocratie participative par la décentralisation à outrance. C’est au gouvernement élu de gérer adéquatement les fonds publics, pas à des commissaires élus par moins de 5 % des gens et qui avaient à gérer un budget de près de 9 milliards de dollars chaque année, ce qui a généré plusieurs cas de très mauvaise gestion. Pas moins de 43 % des commissaires élus l’ont été, en 2014, par acclamation. Allô démocratie! Il faut arrêter, par simple motivation politique, de tout décentraliser à chaque école aux bons soins de conseils d’administration formés de parents d’élèves. Cela aboutit à l’école à la carte qui multiplie les vocations dites particulières. 

Alors bravo à la CAQ d’abolir les inutiles et coûteuses commissions scolaires, que les gouvernements précédents n’ont pas eu l’audace de faire afin de ne point déplaire à certains : « Les jours des élus (et commissions) scolaires sont comptés ». 

Ainsi, l’argent épargné servira à embaucher du personnel de soutien qui manque cruellement : « 160 nouveaux professionnels avec la fin des élus scolaires. Le projet de loi déposé aujourd’hui entraînera des économies de 45,5 millions » (Le Journal de Montréal, 1er octobre 2019).  

Il aurait fallu abolir aussi les commissions anglophones 

Par contre, la CAQ aurait dû également abolir les commissions scolaires anglophones au Québec, dont le taux de participation aux élections scolaires fut de seulement 16,9 % en 2014. Si les commissions scolaires francophones ne sont pas bonnes, pourquoi les commissions scolaires anglophones seraient-elles mieux? Mais, pour s’attaquer aux vaches sacrées des groupes de pression puissants comme les anglophones, les médecins, les riches et les compagnies, ça prend du courage, de l’indépendance et de la volonté. Plus facile pour nos gouvernements de s’en prendre aux simples chauffeurs de taxi et aux commis d’État ordinaires au nom de la modernisation de l’État.  

Des écoles à rénover et à construire 

On ne peut s’empêcher de souligner d’autres excellentes actions posées par la CAQ comme, entre autres, celle-ci : « Infrastructures scolaires. 1,7 milliard pour agrandir et construire des écoles ». 

Malgré la vétusté lamentable de nos écoles, les libéraux avaient jugé bon de couper encore plus de milliards de dollars en éducation afin de respecter ses engagements de baisser les impôts, au profit principalement des nantis, et d’atteindre son objectif obsessionnel du déficit zéro, le seul à avoir agi ainsi en Occident. 

Garnir les bibliothèques scolaires vides 

Autre bonne initiative du gouvernement caquiste que de vouloir regarnir de livres les bibliothèques des écoles publiques : « Québec annonce 5 millions de plus pour l’achat de livres dans les écoles ». 

Mais cinq millions, ce n’est pas suffisant afin de contrer les années libérales d’austérité. 

Le ministre libéral Yves Bolduc avait une autre vision 

L’ex-ministre libéral de l’Éducation, Yves Bolduc, était vraiment une caricature. Ces bourdes ont fait le tour du monde et on s’est alors moqué du Québec en France, aux États-Unis et ailleurs. Yves Bolduc a ainsi mis le Québec sur la « map ». 

C’est lui qui avait dit, choqué et remonté : « Bolduc hausse le ton. Les commissions scolaires doivent faire des coupes sans toucher aux services aux élèves dit le ministre » (La Presse, 3 octobre 2014). De la pensée magique. Une autre version de la cassette libérale de faire plus avec moins et de l’État toujours trop gros, afin de le ratatiner par le biais des privatisations, de la sous-traitance et des PPP. Quant à ses coupures imposées pour l’achat de livres dans les écoles publiques, Yves Bolduc avait largué cette perle : « Il n’y a pas un enfant qui va mourir de ça ». 

Tiens, une dernière drôle de l’ex-ministre libéral de l’Éducation : « Augmenter la taille des classes ne nuira pas à la réussite scolaire. Bolduc défend les nouvelles mesures qu’il veut mettre en place dans le réseau ». 

Je ne peux m’empêcher de vous en présenter une autre originale de monsieur Bolduc. Afin de s’assurer qu’un élève du secondaire n’ait pas de la drogue sur lui : « Élève mise à nu à l’école pour une fouille. Acceptable si c’est “respectueux”, dit Bolduc ». 

Et dire qu’il était notre ministre de l’Éducation. Yves Bolduc a par après démissionné tout en exigeant quand même sa petite prime... 

Centraliser les achats : bonne idée 

Ça ne prend pas la tête à Papineau pour comprendre qu’acheter en grosses quantités permet d’obtenir de meilleurs prix. On se doit donc d’applaudir la décision de la CAQ de centraliser tous les achats de biens et services du gouvernement : « Des économies, mais à quel prix? Levée de boucliers du réseau de l’éducation contre la volonté de Québec de centraliser les achats de tous les organismes d’État ». 

Des directeurs d’école, genre roitelets, qui veulent garder leur chasse gardée et leurs privilèges afin d’acheter ce qu’ils veulent et de pouvoir choisir eux-mêmes le vendeur. 

La CAQ aurait pu faire plus 

Afin de remettre plus d’argent dans les poches des Québécois, comme François Legault prétend vouloir le faire, la CAQ devrait couper au moins la moitié des 500 millions de dollars environ versés chaque année par l’État aux écoles privées qui ne font qu’accentuer les inégalités. Rappelons que le Québec est, et de loin, la province qui subventionne le plus les écoles privées et qui compte le plus d’élèves au privé. Je ne suis pas contre l’école privée, mais sans subvention. Qu’elle soit réellement privée.  

Il aurait aussi fallu que la CAQ arrête de subventionner les Petits Chanteurs du Mont-Royal, dont l’éducation à l’école privée est financée par des fonds publics. Il me semble que, comme société, on a d’autres choses plus indispensables à préserver que les Petits Chanteurs du Mont-Royal alors qu’ils ont toujours chanté sur notre bras : L’avenir des Petits chanteurs est assuré (par la CAQ) » (Le Devoir, 9 septembre 2019).  

Et enfin, cette dernière fausse note de la CAQ, qui relève du calcul électoraliste : « Éducation. Roberge veut assouplir les nouvelles règles sur l’école à la maison ». 

L’école à la maison, c’est un bien grand mot! De quel genre d’école et d’apprentissage parle-t-on? Trop souvent l’école à la maison c’est le « free-for-all ». Au contraire. Il aurait fallu resserrer les règles.