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Enlevante lutte à trois à Trois-Rivières

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Il y a longtemps que je voulais rencontrer Yves Lévesque, ancien maire de Trois-Rivières durant 19 ans et maintenant candidat vedette — aussi candidat surprise, j’y reviendrai — pour les conservateurs.  

 9 h 35 mercredi : il entre dans son local électoral, boulevard des Forges, comme un bulldozer de relations publiques, saluant qui à gauche, qui à droite.  

  • ÉCOUTEZ l'entrevue d'Yves Lévesque à Là-haut sur la colline sur QUB radio :

Il s’assoit. Mitraille ses réponses à mes questions : «Mon avantage, je suis transparent : moi je dis tout tout tout.» (Ses adversaires municipaux, ceux qui s’opposaient à lui à la Ville, sont-ils d’accord?)  

 Les confidences pleuvent : sa jeunesse instable comme fils de militaire constamment en déménagement ; le fait qu’il a toujours été énergique ; aujourd’hui on dirait «TDAH» (trouble de déficit d’attention avec hyperactivité) : «De nos jours, ils m’auraient donné des pilules», admet-il.  

 Départ énigmatique  

Lévesque incarne la stratégie conservatrice au Québec : recruter d’importantes vedettes locales. Et c’en est une vraie.  

Attablée au Café Morgane dans le Vieux Trois-Rivières, la candidate bloquiste Louise Charbonneau n’hésite pas : Lévesque, dit-elle, «a extrêmement bien fait», a «amené la ville à une autre étape».   

Sa démission en décembre 2018, un peu plus d’un an après avoir décroché son cinquième mandat, comporte toutefois des zones d’ombre.  

Il invoque un épuisement professionnel : «Je n’étais plus capable, je tremblais [...], un petit problème pour d’autres en était pour moi un gros.» Il s’arrête. Refuse d’«aller dans les détails», car la santé, «c’est privé».  

Plusieurs ont sourcillé lorsqu’il a réclamé ses allocations de départ et de transition. En février 2019, la Commission municipale juge qu’il a droit à l’argent. Sa démission était liée à des «raisons familiales sérieuses ou [à un] problème de santé important affectant un membre de sa famille immédiate ou lui-même».  

Candidat surprise  

Après huit mois d’arrêt complet entre autres aux États-Unis, le voilà de retour en politique, cette fois pour les conservateurs. Conseillère municipale et adversaire libérale, Valérie Renaud-Martin se souvient de son étonnement.  

D’une part, M. Lévesque avait démissionné pour cause d’épuisement moins d’un an avant. D’autre part, «en 2015, il avait fermé la porte aux conservateurs», se disant plus près du PLC.  

La bloquiste Charbonneau, elle, note que «pour un homme en convalescence, ça doit être difficile, une campagne. Moi en tout cas, j’ai besoin de faire de la méditation!»  

Trois-Rivières illustre très bien la lutte serrée de cette fin de campagne. Depuis la vague orange de 2011, la circonscription est détenue par Robert Aubin du NPD.  

Selon les derniers coups de sonde, le NPD, bon quatrième au départ, a monté. Le Bloc aurait aussi gagné des appuis, ce que Lévesque dit «sentir un peu, en effet». Mais ce dernier n’aurait pas trop souffert de la baisse des conservateurs au Québec.  

La libérale Valérie Renaud-Martin serait deuxième, mais aurait perdu des plumes. Lévesque lui-même avait déjà désigné la jeune femme de 37 ans comme potentielle dauphine à la mairie. Si jamais elle perd le 21, tentera-t-elle sa chance au municipal? «Pour l’instant je me concentre sur la campagne fédérale», répond-elle avec un sourire.