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800 M$ pour le tramway de Québec: la mairesse de Montréal pourrait reprendre ses billes

800 M$ pour le tramway de Québec: la mairesse de Montréal pourrait reprendre ses billes
Photo courtoisie, Ville de Québec

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La mairesse de Montréal pourrait reprendre les 800 M$ qu’elle a consenti à laisser à Québec pour son réseau structurant si la donne change à Ottawa. Régis Labeaume dit comprendre les inquiétudes de sa consœur.

Les incertitudes sur les investissements en infrastructures qui planent depuis le début de la campagne électorale fédérale pourraient avoir raison de la générosité de la mairesse Valérie Plante.  

Celle-ci avait consenti à laisser à Québec une part des sommes qui étaient réservées à sa ville pour le transport collectif, en échange d’un remboursement sur cinq ans pour un investissement sur la ligne rose. Les 800 M$ qu’elle a laissés à la capitale avaient permis de boucler le financement du projet de 3,3 G$ du réseau structurant.  

«Un choix au repêchage»

«Nous autres, c’est immédiat, c’est réglé. Elle, c’était un choix au repêchage», a illustré le maire de Québec, Régis Labeaume. «Elle veut s’assurer qu’elle va avoir son choix au repêchage. Et que tout sera fait comme elle en a discuté avec le gouvernement du Québec. Je comprends ses préoccupations et je me sens concerné.»  

Il n’a pas précisé ce que cela implique pour son propre projet, refusant de sauter dans la campagne électorale. Il a seulement indiqué qu’il a commencé il y a plusieurs mois à «surveiller ses arrières» en vue de l’échéance électorale.  

Hier, par contre, la mairesse a avisé qu’elle retirerait son offre si la donne changeait à Ottawa et qu’elle perdait les garanties obtenues pour le financement des projets qui lui sont chers. «J’ai peur que le tramway de Québec et le projet de ligne rose soient remis en question», a-t-elle affirmé en entrevue à TVA. «Je n’ai pas d’argent à laisser sur la table», a-t-elle dit, soulignant qu’elle veut bien aider Québec, mais que cela ne doit pas se faire au détriment des Montréalais.  

 

800 M$ pour le tramway de Québec: la mairesse de Montréal pourrait reprendre ses billes
Photo d'archives, Agence QMI

 

Financement en péril?

Cela pourrait mettre en péril le financement du projet de Québec. Au cabinet de la mairesse, l’attachée de presse Geneviève Jutras précise que ce n’est pas du tout la volonté de Montréal de retirer la somme à Québec. «On avait une entente à quatre partenaires: les gouvernements fédéral et provincial, la Ville de Québec et la Ville de Montréal. Il faut que les quatre partenaires restent engagés dans cette voie», indique-t-elle. Montréal estime que les conservateurs prévoient des coupes de 1,6 G$ en infrastructures, et cela inquiète. La mairesse demande donc à tous les partis de s’engager à maintenir les investissements actuels.  

Cette semaine, le chef Andrew Sheer a cependant confirmé qu’il maintiendrait le 1,2 G$ promis par Ottawa pour le réseau structurant.  

Vendredi matin, dans Le Journal, le chroniqueur Claude Villeneuve rapportait déjà que le cabinet de la mairesse avait la veille avisé ses vis-à-vis de son intention de reprendre les 800 M$ si l’entente bilatérale intégrée, qui régit les transferts de fonds fédéraux vers le Québec, est modifiée.  

Le chef de l’opposition, Jean-François Gosselin, s’inquiète d’un manque à gagner.  

«Quand je lis ça ce matin dans le journal comme tous les citoyens, qui doivent déjà investir 387 millions de leur poche, je me dis: “Oups! est-ce que ça va nous coûter un 800 M$ de plus si 800 M$ sont menacés?” [...] Au maire de rassurer les citoyens de la Ville de Québec cet après-midi.»  

Les conservateurs réagissent

Les conservateurs ont réagi, vendredi matin, en rappelant une lettre envoyée par leur chef le 14 octobre aux maires du pays. Dans celle-ci, M. Scheer assure que les promesses faites sur les projets existants seront maintenues.  

«La dernière fois que je vous ai écrit, c’était pour réaffirmer qu’un gouvernement conservateur honorerait et maintiendrait tous les projets existants auxquels le gouvernement fédéral actuel s’était déjà engagé. C’est un engagement que j’ai pris envers vous par écrit, un engagement que j’ai formulé dans des discours partout au pays et un engagement que j’ai pris envers beaucoup d’entre vous personnellement. Cet engagement tient toujours. J’ai également l’intention de poursuivre, et non retarder, les projets dans les délais initialement prévus», peut-on lire.  

Il spécifie cependant qu’un gouvernement conservateur investirait autant que les libéraux en infrastructures, mais sur une période plus longue, de 15 ans au lieu de 12.  

Les libéraux en rajoutent

Les libéraux en ont profité pour taper sur le clou de la menace des coupes en infrastructures. «On m’avait traité de menteur quand j’avais fait mes calculs. J’ai fait mes calculs correctement. Nous, on va investir 2,7 G$ pour le Québec au cours des cinq prochaines années, et les conservateurs voulaient réduire ça de 4 G$», a affirmé Jean-Yves Duclos. «Ça ne marche pas. Ils racontent n’importe quoi. Mme Plante l’a noté comme nous.»  

Les libéraux rappellent qu’ils répondent favorablement à toutes les demandes du maire de Québec.  

 

- Avec la collaboration de Taïeb Moalla.

Des réactions

« Lisez notre programme. C’est écrit noir sur blanc, à la page 98, que les investissements annoncés par le gouvernement actuel seront honorés et respectés. Quand on donne notre parole, on la tient. » – Gérard Deltell, député conservateur sortant

« On m’avait traité de menteur quand j’avais fait mes calculs. J’ai fait mes calculs correctement. Nous, on va investir 2,7 milliards $ pour le Québec au cours des cinq prochaines années, et les conservateurs voulaient réduire ça de 4 milliards $. » – Jean-Yves Duclos, député libéral sortant

« Quand je lis ça ce matin dans Le Journal, comme tous les citoyens, qui doivent déjà investir 387 millions $ de leur poche, je me dis oups, est-ce que ça va nous coûter 800 millions $ de plus si 800 millions $ sont menacés ? » – Jean-François Gosselin, chef de l’opposition à l’hôtel de ville