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Dave Morissette, un ami qui vous veut du bien

Dave Morissette, un ami qui vous veut du bien
Photo JOCELYN MICHEL, leconsulat.ca

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Demandez à quiconque de décrire Dave Morissette et immanquablement, une expression émerge : proche du monde. Les téléspectateurs perçoivent l’animateur vedette comme quelqu’un de « sympathique » et d’« accessible ». Un sentiment qui n’est sans doute pas étranger aux trophées­­­ Artis qu’il amasse année après année.

Rencontré dans son bureau situé au quatrième étage du building de TVA, l’ex-hockeyeur montre qu’il est effectivement toutes ces choses. Calme et souriant, il répond aux questions avec générosité et candeur, comme s’il s’agissait d’une conversation entre vieux chums.

« Je n’ai jamais cherché à être proche du monde, précise le principal intéressé. Je pense que beaucoup de gens se reconnaissent dans mon histoire. J’ai commencé à jouer pour Montréal à 27 ans. J’étais le p’tit gars qui partait de Baie-Comeau, pis qui réalisait son rêve. Depuis le jour où j’ai mis le chandail du Canadien, les gens ne m’ont jamais lâché. »

Dave Morissette fait partie des personnalités télé les plus aimées des Québécois. Et puisqu’il dégage un charme amical, les gens l’abordent sans hésiter quand ils croisent son chemin.

« J’ai des amateurs de sport qui m’arrêtent pour parler du Canadien, mais j’ai aussi des madames qui m’arrêtent parce qu’elles m’ont vu à Salut Bonjour ou Deux filles le matin, résume le grand gaillard de six pieds. Et quand un jeune de huit ans m’arrête pour qu’on prenne une photo ensemble, ça m’prend toujours par surprise ! Je suis comme : tu m’connais d’où, toi ?

« Ça m’étonne encore de voir à quel point les gens viennent vers moi. Je suis leur ami, je suis leur fils, je suis leur frère... Pis c’est vrai. »

Timidité chassée

Bien qu’à 47 ans, Dave Morissette gagne sa vie devant les caméras, plus jeune, il était tellement timide qu’il peinait à aligner deux phrases d’affilée.

« J’étais vraiment gêné, évoque l’ex-recrue des Capitals de Washington. Je n’avais pas beaucoup confiance en moi. Je n’aimais pas être entouré de gens. Même parler avec une fille, c’était difficile. Je n’étais pas capable. Jusqu’à l’âge de 14-15 ans, y’avait rien qui sortait !

« Heureusement, le sport a changé ça. »

Les choses ont tellement évolué qu’aujourd’hui, outre son poste d’animateur à TVA Sports, il donne des conférences dans lesquelles il parle notamment de leadership positif en milieu de travail.

« Ma grande satisfaction, c’est de partir d’un endroit et d’avoir donné le goût aux gens de s’accomplir, d’aller plus loin, de dépasser leurs limites.

« On a tous des capacités, on a tous des rêves, mais des fois, on rentre dans un tourbillon, pis on les perd de vue. »

Troisième vie

Quand Dave Morissette a percé dans le domaine des communications, au milieu des années 2000, il s’est lancé dans ce qu’il décrit comme étant une « troisième vie ». Une renaissance qui survenait après deux décennies de hockey et quelques années en affaires.

« Je n’aurais jamais pensé avoir autant de fun à gagner ma vie. Chaque jour, j’ai hâte d’arriver au travail. Je sais que c’est un domaine fragile. C’est les gens qui décident s’ils veulent t’écouter ou pas. Mais au hockey, c’était pire. J’étais toujours à un match près d’être retranché, pis de perdre ma job. J’avais l’impression de jouer ma vie chaque soir. Un coup de poing, et c’était fini », relate l’ancien homme fort du Tricolore.

« Une fois que t’as vécu la pression du sport, t’es prêt à affronter n’importe quoi. Y’a pas grand-chose qui me fait peur maintenant », ajoute l’ex-dur à cuire du circuit Bettman.

Post-hockey

Dave Morissette a mis quelque temps à chasser ses années de hockey quand une grave commotion cérébrale a écourté sa carrière en 2001, alors qu’il jouait en Angleterre. En d’autres mots, on peut sortir le gars du vestiaire, mais on peut difficilement sortir le vestiaire du gars. À court terme, du moins.

« Il a fallu que j’me rebâtisse après le hockey. Ç’a été dur. Parce que tout ce que je connaissais depuis que j’avais huit ans, c’était des jokes de gars de hockey. Une chambre de hockey, c’est un milieu macho. »

Malgré tout, Dave Morissette attribue son empathie à toutes ces années qu’il a passées sur une patinoire.

« J’me suis battu longtemps. J’me couchais le soir, pis j’me demandais : pourquoi est-ce qu’il faut que j’me batte ? Je n’ai tellement pas le goût. Mais je devais survivre. Je devais être le méchant pour faire ce métier. Je n’ai jamais pensé qu’il fallait être con, épais et stupide pour aller se battre. Au contraire. C’est noble d’aller se battre pour ses coéquipiers.

« C’est peut-être le chemin que je devais prendre pour comprendre des choses, devenir plus sensible aux autres et être plus à l’écoute des gens. »

À vélo sans filet

Dave Morissette n’a pas suivi d’entraînement particulier avant d’enfourcher sa bicyclette pour faire le trajet de 800 km. « Je suis bien à vélo. Je me sens libre. »
Photo Agence QMI, Simon Clark
Dave Morissette n’a pas suivi d’entraînement particulier avant d’enfourcher sa bicyclette pour faire le trajet de 800 km. « Je suis bien à vélo. Je me sens libre. »

Dave Morissette n’avait qu’une seule consigne avant d’entamer le tournage de Dave Morissette – Les vrais héros, sa nouvelle série documentaire à MOI ET CIE. Il voulait que « ça soit vrai ».

Tournée l’été dernier, la série produite par Zone 3 en collaboration avec Québecor Contenu relate le parcours à vélo de 800 km de l’ex-joueur de hockey : de Saint-Basile-le-Grand, sa ville d’adoption, à Baie-Comeau, son patelin d’enfance. Et tout au long du chemin, il rencontre­­­­ des gens aux parcours inspirants qui méritent d’être mis en lumière.

« Mes réactions sont vraies. Mes rires sont vrais. Personne ne m’a soufflé mes questions, insiste l’animateur. J’y allais sans filet. La seule chose que j’ai dite à l’équipe avant de commencer, c’est : arrivez-moi pas avec des gens fake qui veulent juste passer à la télé. Je n’ai pas besoin de ça. »

Entre amis

La diffusion de Dave Morissette – Les vrais héros survient une année après celle d’Arrêter le temps, une autre série qui relatait son voyage en famille à Compostelle. Les épisodes ont suscité une telle réaction auprès des téléspectateurs que Dave Morissette­­­­ a voulu répéter l’expérience devant l’objectif de Maude Sabbagh.

Dans un mot transmis au Journal, la réalisatrice parle de deux expériences de tournage marquantes en compagnie d’un animateur qu’elle considère comme un ami. « Nous sommes repartis avec la même quête de simplicité et l’envie de faire de vraies rencontres avec des gens inspirants. Travailler avec Dave sur ce genre de projet, c’est se laisser porter, dévier par la route pour revenir transformés chaque fois. »

Appréhension

De son propre aveu, Dave Morissette appréhendait son retour à Baie-Comeau, une ville qu’il a quittée à l’adolescence sans regarder derrière.

« Je suis parti à 14 ans en m’disant : j’veux plus jamais revivre à Baie-Comeau. Les sapins, les épinettes, les lacs... Been there, done that. Mais j’ai réalisé qu’il y avait des choses de pas réglées... » Si Dave Morissette éprouve – des décennies plus tard – des sentiments aussi forts pour cet endroit, c’est notamment parce que son frère s’y est suicidé.

« Quand mon frère s’est enlevé la vie, j’ai mis une croix sur Baie-Comeau. Pour moi, Baie-Comeau, c’était la séparation de mes parents. C’était le suicide de mon frère. Les souvenirs gris prenaient le dessus sur tout. »

Faire la paix

Aujourd’hui, Dave Morissette affirme avoir « fait la paix » avec Baie-Comeau. Au cours des dernières années, le Nord-Côtier­­­ d’origine a repris contact avec ses amis d’enfance. Au printemps, son plus jeune fils, Zack, un défenseur de 15 ans qui porte les couleurs du Collège Bishop à Sherbrooke, a même été repêché par l’équipe locale, le Drakkar.

« Je suis comme retombé en amour avec ma région. J’ai beau dire que je travaille à Montréal, je vais toujours rester le p’tit gars de Baie-Comeau. »


► MOI ET CIE présente Dave Morissette – Les vrais héros à compter du mercredi 30 octobre à 19 h 30.