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Legault, Bernier, Trump et leurs savants propos

Legault, Bernier, Trump et leurs savants propos
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Uber, c’est bon pour l’environnement.  

Ai-je bien lu ce qu’a dit le premier ministre caquiste du Québec? «Uber: “Bon pour l’environnement”, plaide François Legault».   

La même semaine, le ministre des Forêts et de la Faune, Pierre Dufour, a dit que couper des arbres est un geste écologiste. Ne voulant point demeurer en reste, le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, nous a déballé, sans rire et sans aucune étude pour appuyer ses prétentions folkloriques, que le troisième lien à Québec est un modèle de protection de l’environnement. La planète Terre vous remercie de ces belles initiatives vertes.   

Uber et Lyft amènent plus d’autos sur les routes et provoquent des bouchons énormes, comme à San Francisco, mais c’est quand même un beau geste environnemental qui sera certainement applaudi par Greta Thunberg. Et en plus, Uber, qui embauche du «cheap labor» sans avantages sociaux, a des vertus humanistes et même socialistes. Vous ne saviez pas ça? M. Legault a qualifié Uber d'«économie de partage». Mauvaise journée au bureau pour François Legault. Déjà que les chauffeurs de taxi ne gagnaient pas beaucoup pour de nombreuses heures de travail, ils devront dorénavant partager leur gagne-pain avec des travailleurs occasionnels et surtout avec les multinationales américaines Uber et Lyft. Énorme progrès sociétal!  

Pour rester dans le domaine de l’économie de partage, je demanderais à M. Legault d’étendre son beau principe en demandant – et même en exigeant – que les compagnies et les nantis, au nom du partage, paient leurs impôts, arrêtent de recourir à leurs paradis fiscaux, rémunèrent mieux leurs employés, réduisent leur empreinte écologique négative, etc.! Que M. Legault vienne nous parler d’économie de partage dans l’industrie du taxi, alors que les inégalités économiques n’ont de cesse de s’agrandir, grâce, entre autres, aux politiques gouvernementales et à la connivence des élus, relève de l’illusion et de l’utopie primaire. Ben oui, grâce à Uber, les inégalités économiques dans la société vont rétrécir. Bravo aux lobbyistes d’Uber et de Lyft pour leur travail «d’éducation» de leurs politiques.   

C’est ce même gouvernement caquiste qui, par ses lois, a appauvri davantage des milliers de chauffeurs de taxi et qui s’est payé plusieurs publicités «pédagogiques» dans les médias afin de faire passer sa patente supposément de partage. Publicités qui s’intitulaient comme suit: «Moderniser l’industrie du taxi tout en assurant son avenir» (Le Devoir, 17 avril 2019). Assurer l’avenir de qui, car les chauffeurs de taxi n’en veulent pas? «Moderniser» l’industrie du taxi, qu’ils ont prétendu, afin de nous vendre leur salade idéologique comme les gouvernements libéraux de Couillard et de Charest le faisaient quand ils disaient vouloir «moderniser» le Québec en coupant dans nos services publics. On se gargarise de slogans accrocheurs afin de mieux vous embobiner: économie de partage, investissements verts, modernisation et «réingénierie» de l’État, moins d’impôts pour plus de services publics, etc.   

Maxime Bernier sur la go  

Des fois, je me demande si le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, se croit quand il largue des choses comme ça: «Maxime Bernier assure être le plus “vert” des chefs». Sûrement aussi vert que Donald Trump et Don Cherry?  

Le plus vert des chefs, même s’il a dit récemment ceci: «Bernier ne ferait rien pour le climat».  

Et comme son modèle Donald Trump, Maxime a ironisé sur la personne de la jeune Greta Thunberg: «Il juge que l’adolescente est “mentalement instable”».  

Je suppose que Maxime est lui-même un modèle de stabilité? Dire qu’il y en a qui vont voter pour lui. Comme le dit le poète: «Ça prend toute sorte de monde pour faire un monde.» En 2010, le Beauceron, qui fut jadis conseiller économique de Bernard Landry, a suggéré ce geste fiscal écologique: «Maxime Bernier propose d’abolir l’impôt des entreprises».  

Merveilleux avantage: faire du Canada une oasis fiscale pour les «gras dur» éliminerait à 100% l’évasion fiscale dans les paradis fiscaux, parce que le pays en serait lui-même un. Il n’y aurait donc plus aucun danger de perdre nos cerveaux ou nos fleurons.  

Trump lâche les Kurdes  

Donald Trump aime bien les Kurdes, qu’il a qualifiés de merveilleux combattants qui l’ont aidé contre les djihadistes de l’État islamique en Irak et en Syrie. Comme les Kurdes n’ont plus aucune utilité «pragmatique», les États-Unis donnent dorénavant préséance à la Turquie, qui leur est un important partenaire commercial et géopolitique. C’est pourquoi Donald Trump accorde aux militaires turcs un chèque en blanc pour attaquer les Kurdes dans leur propre pays, en Syrie, comme il ferme gentiment les yeux sur les crimes répétés commis par Israël en Cisjordanie. Les États-Unis, les invasions militaires, ils connaissent ça: «Turquie. Erdogan frappe les Kurdes».  

Donald Trump a les priorités à la bonne place. Pour dégager la voie et laisser les Turcs attaquer des civils et des militaires kurdes en toute quiétude, il a déplacé les soldats américains postés en Syrie. Quel beau geste humaniste et patriotique. On appelle ça du savoir-vivre. Par contre, Donald Trump est un homme de principes et il se comporte différemment lorsqu’il s’agit de sauver la vie d’«un» Américain, surtout s’il est républicain: «Trump menace la Turquie de sanctions si elle ne libère pas un pasteur américain».  

Bah, ça a toujours été comme ça: la vie d’un Américain vaut bien la vie de centaines et de milliers d’autres.   

Tout de même «cocasse», les States viennent d’envoyer d’autres militaires et armements en Arabie saoudite, «au cas où» un allié serait attaqué. Mais pour les Kurdes, rien. Ils s’enlèvent du chemin afin de faciliter la tâche aux Turcs. Et notre tough ministre Chrystia Freeland, qui dit «déplorer» cet incident et s'en «inquiéter». Pathétique, et même monstrueux.   

Comme le ridicule ne tue pas, Donald Trump a dit espérer que le président turc Recep Tayyip Erdogan agira de manière «humaine» et «rationnelle»: «“Les Kurdes ne nous ont pas aidés en Normandie”, dit Trump».  

Par contre, ils les ont beaucoup aidés en Irak et en Syrie. Est-ce que les Saoudiens et les Israéliens les ont aidés en Normandie? Erdogan et Trump, sans oublier Bush junior qui a volontairement menti pour mieux envahir l’Irak, devraient être, selon moi, traduits devant la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité.   

Ça commence bien mal la journée lorsqu’en lisant son journal on tombe sur ces déclarations larguées par des politiciens «aguerris» comme Legault, Bernier et Trump. C’est pourquoi je suis passé rapidement à la section des sports pour apprendre, à mon grand désarroi, et ce, même en ce début de saison, que l’on commençait déjà à parler d’échange au hockey. Je vous le dis, la saison de hockey va être encore une fois très longue. Les échanges, c’est comme une fixation obsessive, au hockey, ce qui n’est heureusement pas le cas au football. Une chance!