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«Surface» d'Olivier Norek: un polar collé sur la réalité

Olivier Norek
Photo courtoisie, Bruno Chabert Olivier Norek

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Percutant, vif, impossible à mettre de côté : Surface, le nouveau roman du lieutenant de police judiciaire et romancier français Olivier Norek, est un polar extrêmement addictif. Grâce à sa plume acérée, sans compromis, l’auteur «pur et dur» du polar français entraîne ses lecteurs dans les coulisses des enquêtes de police, au plus près de la réalité.

Blessée au visage lors d’une frappe qui a mal tourné, la capitaine de police Noémie Chastain a échappé à la mort.

Pour faciliter sa «convalescence», le service lui demande d’évaluer la fermeture possible du plus petit commissariat de police de France, Avalone.

Noémie s’accroche à son métier pour ne pas sombrer. Sauf qu’à Avalone, il ne se passe pas grand-chose... Jusqu’au jour où le squelette d’un enfant porté disparu 25 ans plus tôt remonte à la surface du lac, enfermé dans un fût. Noémie s’attaque à ce «cold case» qui indispose les habitants d’Avalone.

En entrevue, Olivier Norek explique que tout ce que le lecteur va lire est tiré de faits réels, de son expérience ou de faits divers qui se sont passés en France. «C’est exactement comme ça qu’on aurait enquêté, nous, si vraiment il y avait eu cette affaire-là.»

Les équipes de police qu’il crée dans ses livres sont formées de quatre personnes. «Ce que je propose aux lecteurs, c’est d’être la cinquième personne du groupe de police. Ensemble, on va aller sur des territoires réels, dans des faits divers réels, avec des sujets de société qui sont réels.»

<b><i>Surface</i></b><br/>
Olivier Norek<br/>
Éditions Michel Lafon<br/>
424 page
Photo courtoisie, Éditions Michel Lafon
Surface
Olivier Norek
Éditions Michel Lafon
424 page

 

Son amie Babette

Ainsi, une de ses amies et coéquipières dans la police, Babette, a été victime d’un accident qui ressemble à celui que subit Noémie dans le roman.

«Babette s’est fait casser la figure à coups de barre de fer dans une cité, à quelques centaines de mètres de chez moi. Elle a été reconstruite au niveau du visage avec de nombreuses opérations chirurgicales de reconstruction. Et elle a été envoyée dans un service où on l’a mise un petit peu de côté, qui est l’escouade canine, pour qu’elle puisse se reconstruire, avec les animaux.»

«J’ai raconté à peu près cette histoire avec Noémie. Elle ne s’est pas cassé la figure à coups de barre de fer, mais elle s’est fait tirer dessus au visage. On l’a envoyée dans le plus petit commissariat de France. Sur le coup, c’est une métaphore un peu éloignée, parce que je ne voulais pas que Babette, mon amie, se retrouve trop dans ce personnage-là.»

Ultraréaliste

Sa connaissance du milieu policier, de l’intérieur, apporte beaucoup de crédibilité à l’histoire.

«Ce que je peux apporter en plus, c’est ce côté ultraréaliste, ce côté du polar pur et dur.»

Rêvait-il d’écrire depuis longtemps? «Jamais! J’ai eu 5 sur 20 au baccalauréat en français... Je ne savais pas du tout écrire. En fait, quand je suis parti en mission humanitaire, j’ai commencé à écrire des lettres à mes parents et elles étaient bien écrites parce que je parlais de sentiments et de choses que je connaissais.»

C’est là qu’il a réalisé qu’il n’était pas capable d’écrire s’il ne s’investissait pas totalement dans l’expérience.

«C’est à la fois de l’écriture, de la littérature, mais aussi profondément qui je suis [...]. J’écris autant avec mon cerveau qu’avec mon cœur.»


♦ Olivier Norek est lieutenant de police à Paris, en disponibilité pour écrire.

♦ Il a écrit la trilogie du capitaine Coste et Entre deux mondes.

Surface est lauréat du prix Maison de la presse 2019.