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Scheer l’a échappé: son leadership pourrait être contesté par les militants

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Le chef du Parti conservateur du Canada (PCC), Andrew Scheer, a été incapable de profiter des faiblesses de son adversaire libéral.

Au coude-à-coude avec Justin Trudeau dans les sondages au moment du déclenchement de la campagne il y a plus d’un mois, M. Scheer a échoué hier sa tentative pour lui ravir le pouvoir. 

Les conservateurs resteront dans l’opposition. Les chiffres disponibles indiquaient qu’ils étaient en position de gagner dans 121 circonscriptions, avec 34% des votes. 

Ce résultat est meilleur que celui de l’élection de 2015, alors que l’ex-chef conservateur Stephen Harper avait été défait avec 99 sièges. 

Au Québec, la formation enregistrait un recul, avec un gain potentiel de 10 circonscriptions. Il y a quatre ans, les conservateurs avaient remporté 12 sièges. 

La seule candidate d’envergure nationale à briguer les suffrages au Québec, Sylvie Fréchette, a mordu la poussière dans la circonscription de Rivière-du-Nord. Les conservateurs ont pu se consoler avec la défaite du chef du Parti populaire Maxime Bernier devant leur candidat Richard Lehoux, en Beauce. 

LEADERSHIP 

Cette nouvelle défaite des conservateurs à l’échelle nationale laisse planer un doute sur le leadership de M. Scheer, âgé de 40 ans. Les statuts du PCC prévoient que les militants conservateurs peuvent réclamer une course à la direction, après un pareil échec. 

M. Scheer, réélu dans Regina—Qu’Appelle, n’avait pas encore pris la parole devant ses militants, réunis dans la capitale de la Saskatchewan, au moment de mettre sous presse. 

M. Scheer n’a que brièvement réussi à surpasser M. Trudeau dans les sondages au moment de l’affaire SNC-Lavalin, au printemps. Mais cette avance a fondu pendant l’été, après une remontée des libéraux. 

Une dure campagne

Le chef conservateur a ensuite eu une campagne difficile, en raison notamment de sa position sur l’avortement. Il a trébuché sur la question lors du débat des chefs à TVA. Il a ensuite affirmé qu’il était pro-vie, tout en assurant que le débat sur la loi légalisant l’avortement ne serait pas rouvert. 

Au Québec, les conservateurs ont tenté de leur mieux de se faire l’écho des demandes du gouvernement du Québec, là où les libéraux étaient fermés, dans l’espoir d’occuper le terrain du Bloc québécois. En fin de campagne, il a promis la fin des «chicanes» Québec-Ottawa. Lançant un appel à «la nation québécoise», il a promis un «fédéralisme de collaboration». 

 

Scheer évoque une «mise en garde» contre Trudeau

Le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, estime que le gouvernement minoritaire offert par les Canadiens aux libéraux constitue une «mise en garde» contre Justin Trudeau.

 

 

«Souvenez-vous du soir d’octobre 2015. On prédisait que Justin Trudeau allait gouverner le pays pendant des années. Personne ne nous donnait la moindre chance. Mais ce soir, nous avons mis en garde Justin Trudeau. Son leadership est endommagé et son temps au gouvernement va bientôt prendre fin», a avancé M. Scheer dans son discours clôturant la soirée électorale, qui s’est tenu pratiquement au même moment que celui du chef libéral.

«Quand ce moment viendra, les conservateurs seront près et nous allons gagner», a-t-il poursuivi.

 

AFP

 

Le chef conservateur a pris soin de s’adresser directement aux Québécois. «Je tiens à m’adresser à la nation québécoise. Nous allons continuer à travailler pour vous. Les valeurs conservatrices sont des valeurs québécoises et les valeurs québécoises sont des valeurs conservatrices», estime Andrew Scheer, qui a énuméré «la liberté d’expression, un État moins imposant et reconnaître qu’un dollar dépensé par celui qui l’a gagné est mieux dépensé que par le gouvernement qui l’a taxé».

 

AFP

 

M. Scheer a aussi évoqué son prédécesseur, Stephen Harper, rappelant qu’il avait d’abord dirigé un gouvernement minoritaire, avant de pouvoir obtenir une majorité. «C’est ainsi que ça commence. C’est la première étape. Nous retournons maintenant à Ottawa avec une plus grosse équipe et plus d’appuis d’un océan à l’autre», a-t-il affirmé, jugeant que les conservateurs forment «le gouvernement en attente».

«Notre histoire ne fait que commencer, mais rappelons-nous ce sentiment, celui de s’approcher de la victoire pour échouer si près du but, et servons-nous-en pour redoubler d’efforts, parce que notre travail ne fait que commencer. Les Canadiens comptent sur nous», a aussi affirmé M. Scheer, sous les applaudissements de ses militants.

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