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Trump va rester

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Beaucoup de gens ont trouvé la campagne électorale fédérale déprimante, mais pour se consoler, ils peuvent regarder ce qui se passe au sud de la frontière, où les institutions démocratiques n’ont jamais été aussi affaiblies.

Plusieurs pensent que les heures passées par Donald Trump sont comptées avec la procédure de destitution enclenchée contre lui. Or, rien n’est moins sûr.

Au grand jour

Il est avéré que Donald Trump a utilisé la puissance américaine face à l’Ukraine pour servir ses intérêts électoraux et que des membres de son entourage font aujourd’hui face à la justice pour des crimes liés à sa présidence. Voilà qu’il voulait tenir le prochain sommet du G7 sur une de ses propriétés. Devant l’opposition générée, il recule, refusant d’y voir ce qui est la définition la plus limpide de la corruption, soit d’utiliser ses fonctions pour son enrichissement personnel

Trump ne nie rien de tout cela. Il affirme plutôt que cela est parfaitement légitime. Et aux yeux de ses partisans, tous les politiciens mentent, volent et trichent. Autant que tout ça se fasse au grand jour !

De fait, le taux d’approbation de Trump – négatif depuis son entrée à la Maison-Blanche – n’a même pas baissé de trois points suivant l’éclatement de l’affaire ukrainienne. L’appui à la procédure de destitution a à peine monté chez les électeurs républicains et demeure très partagé chez les indépendants.

Descente en vrille

Le congrès appuiera la destitution, mais les sénateurs républicains n’y donneront pas suite, tout simplement parce que leur base aime davantage Trump qu’eux.

Trump ira donc jusqu’aux prochaines élections, où il affrontera manifestement un candidat démocrate très usé ou très marqué à gauche. Il n’aura même pas besoin de faire aussi bien que lui pour être élu ; en 2016 il a obtenu près de 3 millions de votes de moins que Hillary Clinton.

Bref, Donald Trump est très loin d’être sorti de la Maison-Blanche.