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Voter, ça vaut la peine

Person voting, casting a ballot
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Je crois que voter est utile, que c’est un geste libre et noble.

Ceux qui disent le contraire, que « ça ne sert à rien », cèdent la plupart du temps à la facilité ; et parfois au mépris.

Facilité

Commençons par la facilité. On affirme par exemple que les candidats, les partis, sont « tous des pareils ».

C’est faux, tout simplement. Si ça se dispute tant en politique, c’est bien parce que les hommes et les femmes qui la font ne s’entendent pas sur les solutions à appliquer. Il y a le choc des égos, oui, mais il n’y a certainement pas que cela.

Les plateformes des partis, les promesses et les engagements qu’ils contiennent présentent différentes conceptions du pays, différentes priorités.

Aller à la rencontre des candidats, comme j’ai eu la chance de le faire depuis un mois, vous fait prendre conscience de la formidable diversité des gens qui veulent vous représenter. Des gens qui ont toutefois une chose en commun (pour la presque totalité) : ils sont dévoués, veulent aider leurs concitoyens.

Vaccin

Bien sûr, voter est un geste modeste. On n’a qu’une voix.

Une amie faisait hier une intéressante comparaison entre voter et se faire vacciner : « On ne le fait pas seulement pour soi, mais comme une petite contribution à la collectivité. On peut choisir de s’abstenir parce que les options ne sont pas idéales, mais si trop de gens décident de le faire, il y aura des conséquences encore pires. » Elle convenait que « se faire vacciner ne suffit pas pour rester en bonne santé... physique ou démocratique ! » Ça me rappelle cette formule d’Albert Camus : « Le démocrate est modeste, parce qu’il sait qu’il ne sait pas tout. Et que tout ne lui est pas donné. »

La modestie est partout en démocratie. Être démocrate, c’est accepter de faire des compromis. Par exemple, qu’il n’y a de partis parfaits pour moi. Quand on écoute certains « orphelins politiques », on en vient à penser qu’il faudrait un parti par citoyen ! La démocratie à l’ère de l’enfant-roi... Voter, c’est sortir de cette enfance.

Mépris

Certes, en matière politique, il faut être ambitieux ; toujours espérer ce qu’il y a de mieux.

En critiquant nos démocraties cependant, certains en viennent à décrocher, à mépriser l’élection, les électeurs, les candidats, les partis, au nom d’un idéal, voire d’une utopie.

« Élections, piège à cons », écrivait Jean-Paul Sartre.

Or, le mieux est l’ennemi du bien.

« La démocratie est le pire des systèmes, à l’exclusion de tous les autres », selon la phrase remarquable de Winston Churchill.

Oui, elle est pleine de défauts. Mais elle sait se corriger, évoluer.

Rousseau écrivait au 18e siècle : « Le peuple anglais pense être libre, il se trompe fort : il ne l’est que durant l’élection des membres du parlement ; sitôt qu’ils sont élus, il est esclave, il n’est rien. »

Qui peut dire cela dans nos démocraties d’opinion, pleines de débats, où les élus scrutent constamment les humeurs du peuple ?

Aujourd’hui n’est pas votre seul jour de liberté ; mais c’en est un important. Autant en profiter.