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Des champignons «magiques» pour le bois

Des scientifiques étudient ceux qui grugent la colle pour recycler

champignons
Photo Courtoisie, Biopterre Des champignons sont mélangés à des résidus de bois dans les laboratoires de Biopterre, à La Pocatière.

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Des champignons qui parviennent à gruger la colle sur la mélamine pourraient permettre de récupérer le bois contaminé, condamné à être jeté.

Des scientifiques de Biopterre à La Pocatière ont commencé des tests en laboratoire qui permettent de faire pousser des champignons sur des restes de bois contaminés, comme de la mélamine ou des résidus de démolition de constructions, une technique qui se pratique en Europe.

Les champignons grugent les contaminants, comme de la colle ou de la peinture. Les résidus traités en ressortent exempts de contaminants.

«On est pour le moment dans l’expérimentation, on sait que ça fonctionne. On passe maintenant à la mise en place d’équipements, puis ultimement, l’objectif est de transférer à une entreprise intéressée», résume Marie-Pierre Dufresne, directrice de Biopterre, un centre collégial spécialisé en technologie, situé dans le Bas-Saint-Laurent.

Les spécialistes tentent de trouver la bonne recette et la bonne souche de champignons, qu’elle vienne du Québec ou d’ailleurs. Il s’agit d’une ressource facile à faire pousser.

Deuxième vie

«L’idée est de voir qui va être prêt à passer à l’action, soit de mettre à la disposition des équipements, un terrain ou de l’argent. Il y a des grandes opportunités d’affaires avec cela», indique Émilie Dupont, coordonnatrice de la démarche en économie circulaire à la Société d’aide au développement de la collectivité (SADC) du Kamouraska, partenaire du projet.

Les résidus décontaminés peuvent ainsi avoir une autre vie plutôt que d’être enfouis ou brûlés de façon contrôlée.

«On le recycle. Lorsque la colle n’existe plus, on peut en faire des copeaux pour les chaufferies de biomasse. On travaille avec l’hôpital de La Pocatière et le Centre de développement bioalimentaire du Québec, car toutes les deux ont une chaufferie intéressante», ajoute pour sa part Solange Morneau, directrice de la Co-éco.

Son organisation sort le bois de qualité des écocentres et le revalorise ou donne celui qui est contaminé à Biopterre pour y faire travailler les champignons.

«Considérant les impacts environnementaux de l’enfouissement de la matière ligneuse, il est devenu impératif de trouver des solutions concrètes et adaptées à nos milieux», ajoute Mme Dupont.

Matériau écologique

L’autre volet du travail de recherche est la création de matériaux produits par les champignons eux-mêmes. Les spécialistes utilisent des résidus de sciage et y ajoutent des champignons pendant un certain temps.

Ensuite, selon le produit désiré, ils passent à l’étape de moulage, de compression ou de chauffage. Cela donne un matériau écologique, comme un panneau de bois ou un isolant, destiné à être éventuellement utilisé dans la construction.