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Faits pour s'entendre...

Le NPD et Québec solidaire, base d'une coalition «Orange»...

Faits pour s'entendre...
Joël Lemay / Agence QMI

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Le NPD est passé de 59 députés au Québec en 2011 à un seul cette fois-ci. Et pourtant, il y a des raisons de se réjouir pour Jagmeet Singh...  

  

Faits pour s'entendre...
Chris Roussakis/QMI Agency

De 59 à 1!  

Voilà, les jeux sont faits. La population canadienne souhaitait un gouvernement minoritaire. Elle aura vu son souhait exaucé. En partie.   

Le vote libéral a été plus résilient que certains ne le croyaient et parions que Justin Trudeau saura trouvé des terrains d’entente avec le NPD de Jagmeet Singh afin de faire durer ce parlement minoritaire plus longtemps que ceux-ci ne durent habituellement.   

Si le chef des Oranges a fait bonne campagne et sauvé les meubles, il n’est pas dans une situation de faire tomber le gouvernement rapidement. On prévoyait la catastrophe en début de campagne pour le NPD, voire même qu’il perde son statut de parti officiel.   

Jagmeet Singh a redressé la barre et, à l’évidence, sauvé son poste. Il a évité la catastrophe. Mais le NPD avait fait élire 44 députés en 2014, le voilà descendu à 24 en 2019. Plus sidérant encore, l’anéantissement complet de la « vague orange » de Jack Layton au Québec en 2011.   

De 59 députés élus en 2011, le NPD n’en compte plus qu’un seul. À Montréal. Dans le bastion des Oranges au provincial. Exit Guy Caron, exit Ruth Ellen Brosseau. Exit le NPD au Québec.  

Ce revirement est quand même spectaculaire.   

  

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TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

Jagmeet Singh vise le Québec  

Pourtant, n’allez pas croire que le chef du NPD a fait une croix sur le Québec. Loin de là. Lors de son discours de fin de campagne hier soir il a offert quelques indications de la suite des choses pour son parti au Québec.   

Un discours très majoritairement livré en anglais, mais où, en français, il a insisté sur la posture « progressiste » de son parti avant de livrer cet emprunt au slogan de campagne du Bloc québécois : « les progressistes, c’est nous! »  

Pas question pour le NPD de laisser le Bloc occuper le champ du progressisme sans opposition au Québec. On a très bien compris chez les Oranges qu’il y avait une place à prendre de ce côté au Québec.   

Car s’il est une chose, indéniable, qui ressort du résultat de l’élection d’hier c’est que la poussée du Bloc québécois s’est arrêtée net exactement là où l’éviction du Parti québécois s’est opérée. Hormis la Pointe de l’Île dans l’extrême est de Montréal, pas de place pour les nationalistes.   

C’est un nouveau paradigme de la politique québécoise, il semble bien que le « progressisme » qui, jadis, souriait aux indépendantistes plutôt à gauche, sera désormais réservé aux défenseurs de l’idéal diversitaire, posture occupée, solidement à Montréal par les « Oranges » provinciaux.   

Si Jagmeet Singh entrevoit un nouvel enracinement de son parti entre l’Ontario et les Maritimes, c’est à Montréal que cela se produira.   

Soyons francs; vrai que cela a chauffé un peu dans Hochelaga, mais ailleurs, mis à part la Pointe de l’Île, le Bloc québécois n’a tout simplement pas été dans le coup à Montréal. Les «Oranges» provinciaux n'ont pas poussé dans le sens du Bloc à Montréal, ça c'est certain!   

  

Oui, mon Jules... Hochelaga, libéral. Let that sink in... comme ils disent dans le West Island.    

Les accointances idéologiques entre Oranges fédéraux, provinciaux et même municipaux sont nombreuses ce qui en fait des partenaires politiques naturels. D’abord, l’allergie systématique à toute défense de l’identité québécoise. Eh oui, de la loi 21. Ils s’entendront comme larrons en foire.  

Tout ce beau monde pourra entamer chaque discours par le proverbial « nous reconnaissons que nous sommes en territoire autochtone non cédé »...   

Mais surtout, ce rapprochement entre Oranges fédéraux et provinciaux permettra aux fédéralistes de Québec solidaire de s’affranchir de l’embêtante question nationale.   

À l’ère de l’urgence climatique et des grands bouleversements planétaire, qu’importent les frontières. On s’accommodera très bien de celle qui existe au Canada. On se permettra bien de mettre sur la glace, en attendant de voir si cela s’avère utile en 2022, l’appui à la souveraineté.   

Quitte à le rendre conditionnel de tant de paramètres, que cet appui devienne inopérant.  

Alxeandre Boulerice est seul pour le moment à Montréal. Mais il est loin de manquer d’appuis. Et les Oranges le savent très bien. Il y a là une occasion à saisir.