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Le château fort s’effrite

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► Chronique rédigée à 23h18

Comme quoi il ne faut jamais rien tenir pour acquis à Québec, le château fort conservateur s’est effrité sous la pression bloquiste, hier.

Jamais il n’aurait été possible de prévoir que le Bloc, qu’on croyait mort et enterré d’autant plus à Québec, puisse renaître ainsi de ses cendres. Rayé de la carte depuis 2011, dans la région, le Bloc ne pouvait plus compter sur une quelconque base militante au début de la campagne électorale. L’espoir était des plus minces.

On aurait encore moins cru que le Bloc puisse l’emporter, comme c’était le cas au moment d’écrire ces lignes, dans deux circonscriptions aux dépens des conservateurs. Malgré l’effondrement du PC en 2015, des conservateurs l’avaient emporté dans cinq des sept circonscriptions à Québec, et dans neuf sur 11 en incluant la Rive-Sud.

Cette victoire était survenue quatre ans après que la vague orange ait permis au NPD de rafler l’ensemble des sièges sur la Rive-Nord. La présence de Gérard Deltell, véritable locomotive pour son parti dans la capitale nationale, a malgré tout permis aux bleus de conserver la majorité de ses sièges. La performance très mitigée du chef Andrew Scheer a clairement fait en sorte que le parti a tout de même perdu des plumes. Sur la Rive-Sud, sans surprise, les bleus, qui ont fait campagne sur le troisième lien, ont conservé leurs acquis.

Libéraux sauvés

Sans faire de nouveau gain à Québec, les libéraux ont pour leur part réussi à sauver la mise, avec la réélection des députés Jean-Yves Duclos et Joël Lightbound. On aurait pu croire que la vedette bloquiste Christiane Gagnon ait des chances de déloger Jean-Yves Duclos, dans Québec. Au terme d’une lutte très serrée, M. Duclos, ministre dans le gouvernement Trudeau, l’a toutefois emporté.

On peut par ailleurs s’attendre à voir M. Lightbound prendre du galon. Excellent communicateur, ce dernier s’est distingué à maints égards dans sa défense des dossiers depuis quatre ans.

Dommage que le premier ministre Trudeau s’obstine à ne pas nommer de porte-parole libéral pour la région de Québec, ce qui permettrait de placer davantage les dossiers de Québec à l’avant-plan à Ottawa.