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Le plafond de verre des conservateurs

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► Chronique rédigée à 23h00

Les conservateurs seront prompts à blâmer l’effet Doug Ford pour leur défaite électorale. C’est indéniable, l’offensive libérale pour associer Andrew Scheer aux coupures, au cafouillage à l’incompétence du premier ministre ontarien a porté fruit.

Mais les sources de la défaite sont bien plus profondes. Elles sont inscrites dans l’ADN du parti.

Le conservatisme social

L’entourage d’Andrew Scheer croyait l’enjeu réglé. Après tout, Stephen Harper avait gouverné sans rouvrir le débat. Et pourtant, l’avortement, le mariage gai ont littéralement plombé leur campagne.

Combien de milliers de Canadiens leur ont tourné le dos face à l’inconfort évident d’Andrew Scheer, son incapacité à fermer la porte à triple tour.

L’enjeu ici n’est pas la liberté de députés pro-vie de débattre des enjeux qui leur tiennent à cœur. C’est tout le reste : le pouvoir de cette aile suffisamment puissante au sein du parti pour avoir offert la chefferie à Andrew Scheer, l’instrumentalisation du PCC par le mouvement pro-vie pour faire avancer sa cause.

Tant que le PCC sera vu par une tranche non négligeable de la population comme un risque réel pour le libre-choix des femmes et le recul des droits des minorités LGBT et autres, jamais celui-ci ne pourra élargir ses appuis de manière significative au pays.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Diviser pour régner

Mais il y a plus. La seule façon dont les conservateurs savent gagner, c’est en polarisant l’électorat.

Attaques vitrioliques, publicités négatives, clientélistes à outrance. Ça peut fonctionner, ils ont gouverné le pays pendant 9 ans. Mais c’est aussi une façon de miser avant tout sur la faiblesse de son adversaire et le cynisme de l’électorat.

« L’honneur et l’enthousiasme » de Brian Mulroney en 1984, les « voies ensoleillées » de Justin Trudeau en 2015 nous ont appris que les grandes victoires naissent de grands projets.

L’heure est venue pour un sérieux examen de conscience chez les conservateurs.