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Pari gagné pour Justin Trudeau

Justin Trudeau s’achète 18 à 24 mois pour regagner la confiance des Canadiens.

Pari gagné pour Justin Trudeau
AFP

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Avec son élection d’hier soir, Justin Trudeau remporte son pari et s’achète 18 à 24 mois pour regagner la confiance des Canadiens. Grâce à ce qu’on appelle « une minorité forte », le premier ministre aura tout de même une bonne latitude pour proposer des compromis et un budget qui sauront rallier l’opposition.

La conclusion la plus criante de cette victoire, c’est surtout que les électeurs ont eu une peur bleue (sans mauvais jeu de mots) d’avoir Andrew Scheer comme premier ministre.

Préparer la prochaine élection

Si les libéraux l’ont emporté hier, c’est évidemment à cause de la fidélité de leur base. Les militants libéraux sont disciplinés, structurés et organisés. Devant la possibilité d’un gouvernement minoritaire conservateur avec une balance du pouvoir bloquiste, les libéraux, même ceux déçus par Justin Trudeau, sont montés aux barricades.

Un gouvernement minoritaire est un pouvoir sous surveillance. Les négociations et concessions que Justin Trudeau devra faire dans les prochains mois pourraient lui nuire, mais elles pourraient également être sa planche de salut. 

Depuis quatre ans, le chef libéral s’est illustré comme un leader positif, modéré et rassembleur. S’il parvient à trouver des terrains d’entente avec le NPD pour stabiliser son gouvernement, à faire avancer les dossiers clés de l’environnement et des programmes sociaux, s’il tend la main aux provinces de l’Ouest et qu’il accueille les préoccupations des Québécois, les électeurs canadiens pourraient très bien renouer avec les voies ensoleillées.

Le résultat de l’élection d’hier est aussi la preuve que les forces progressistes peuvent s’allier pour lutter contre la montée de la droite, contre les promesses d’austérité et contre le déni climatique. 

Le Canada est aujourd’hui dirigé par un premier ministre en probation, mais dont la réputation de rassembleur n’est plus à faire.

La meilleure nouvelle de la soirée

Pour la fière Beauceronne que je suis, la meilleure nouvelle de la soirée, c’est la défaite incontestable de Maxime Bernier. Souhaitons qu’il emporte avec lui tout espoir de survie pour son parti politique qui a voulu faire ses choux gras de l’intolérance, des préjugés et de l’ignorance de certains électeurs. 

Les Beaucerons ont rejeté les fausses « valeurs beauceronnes » que Maxime Bernier a tenté de leur faire coller à la peau. 

Pendant trop longtemps, Maxime Bernier a fait passer les Beaucerons pour des simplets, des ignares, des naïfs, des sous éduqués, les rednecks du Québec. Aujourd’hui, il doit rentrer dans ses terres pour panser ses plaies. J’espère qu’il y restera longtemps.

Un moment chouchou

Parmi les coups de cœur de cette soirée, notons l’élection d‘Alexis Brunelle-Duceppe, sous les yeux de son père qui participait à la soirée électorale de Radio-Canada. 

Quel privilège c’était, de voir la fierté d’un père, qui voit son fils marcher dans ses pas, mais surtout, d’entendre un homme, dans la force de l’âge, dire à son père combien il l’aime, au grand jour, sans l’ombre d’une pudeur. 

Cette démonstration, à elle seule, devrait contribuer à lutter contre le cynisme de certains envers la politique.