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Jean-Talon Blues

Jean-Talon Blues

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Les fédérales sont terminées... La prochaine élection en sera une partielle. Qui va gagner Jean-Talon?  

Jean-Talon, c’est mon comté! Et c’est rouge sans interruption depuis 1966. Huit députés libéraux s’y sont succédé, dont Raymond Garneau, ministre des Finances sous Bourassa et candidat à sa succession, Gil Rémillard, ministre des Relations internationales, délégué aux Affaires intergouvernementales, de la Sécurité publique et de la Justice, également sous Bourassa, Philippe Couillard, qui n’a pas besoin de présentation, sans oublier Yves Bolduc et Sébastien Proulx.    

La CAQ y présentera de nouveau Joëlle Boutin. Actuellement directrice de cabinet d’Éric Caire, Boutin est passée relativement proche la dernière fois, avec 28,6% des voix. Mais Sébastien Proulx l’a quand même emporté... avec 1363 voix de majorité, soit 32,6% des voix. Suivaient QS avec 19,2%, et le PQ, bon quatrième avec 14,5%.     

À noter que Joëlle Boutin a fait moins bien en 2018 que le PQ lors de la partielle en 2015. En effet, Sébastien Proulx avait gagné avec 41,8% des voix. Et le PQ le suivait avec 30% des voix. C’est donc 11% que le Parti libéral a perdu dans la vague caquiste de 2018.    

QS est déjà à pied d’œuvre. Déjà une tonne de publicités arborant les deux députés solidaires de Québec a envahi mon fil Facebook. Ce matin, on annonçait que Frédéric Poitras, conseiller politique du maire Labeaume, avait l’intention de se porter candidat.     

Le candidat du PQ de 2018, Sylvain Barette, a démontré son intérêt pour être de nouveau dans la course.     

Du côté libéral  

Le nom de Gertrude Bourdon comme candidate libérale a récemment circulé. Personne mythique de l’élection de 2018, elle aura marqué les esprits avec son «magasinage» et sa prétention à «faire l’histoire». Je n’ai toutefois jamais entendu que des commentaires positifs sur elle à l’époque où elle était directrice du CHU de Québec. Or, rien n’est confirmé. D’autres candidats ont été approchés dans les dernières semaines.     

Les enjeux sont énormes pour le PLQ. À la suite de la douloureuse défaite libérale dans Roberval, due au départ de Philippe Couillard, Sébastien Proulx demeurait le seul député à l’ouest de Mille-Îles.     

Certes, le libéral Joël Lightbound vient d’être réélu dans Louis-Hébert, circonscription fédérale qui comprend Jean-Talon. Le PLQ bénéficie d’une solide base dans le comté, composée notamment de gens assez aisés, de personnes d’un certain âge, d’immigrants et de quelques anglophones peu favorables à la CAQ. Ces électeurs-là ont tendance à se déplacer pour aller voter. La clientèle de la CAQ n’y verra peut-être pas un enjeu aussi grand, surtout pour une petite partielle qui ferait gagner un énième comté... Mais cela ne sera pas suffisant pour sauver ce qu’on considérait tous comme un château fort libéral.    

Du côté de la CAQ   

Ça va bien.     

Les sondages de satisfaction sont bons, le moral est au top. Il y a une armée disponible et motivée, tout le staff caquiste et les élus qui travaillent justement à Québec, qui pourront mettre leur énergie à faire voter les petites familles francophones de Sainte-Foy. Une défaite caquiste serait embarrassante. Une spin du style : «L’étoile caquiste pâlit!» ou «La lune de miel est terminée» est si vite arrivée (j’exagère à peine).    

Notons aussi que les libéraux sont en chefferie, ils sont éparpillés, ils ont encore du mal à critiquer efficacement le gouvernement sans se faire revirer comme une crêpe, vu qu’ils ont été au pouvoir si longtemps.     

De plus, Sébastien Proulx a démissionné sans justification. Un autre avantage pour Joëlle Boutin.    

Je dirais qu’il y a de fortes chances que Jean-Talon vire au bleu pour la première fois de son histoire. Qu’en pensez-vous?