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Peine record exigée pour Fredette

Peine record exigée pour Fredette
Illustration Delf Berg

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Après avoir été reconnu coupable de deux meurtres prémédités, Ugo Fredette pourrait écoper de la plus longue peine jamais décernée au Québec s’il n’en tenait qu’à la Couronne, qui réclame un minimum de 50 ans de détention avant de pouvoir demander une libération conditionnelle.

« L’élément majeur et percutant pour l’application de la loi [afin que les sentences soient purgées consécutivement], c’est qu’on est en présence de deux transactions criminelles distinctes, deux victimes qui ne sont pas du tout reliées », a expliqué mercredi le procureur Steve Baribeau, au palais de justice de Saint-Jérôme. 

Les verdicts de culpabilité pour deux meurtres au premier degré décernés le week-end dernier signifient que le quadragénaire écope automatiquement d’une peine de détention à vie sans possibilité de libération avant 25 ans. 

Contestation

Le débat se fera sur le fait que la Couronne exige que ce minimum soit doublé puisqu’il y a deux victimes, sa conjointe Véronique Barbe, qu’il a assassinée le 14 septembre 2017 dans leur résidence de Saint-Eustache avant de prendre la fuite avec un enfant, et Yvon Lacasse, un aîné qu’il a tué dans une halte routière des Laurentides.

L’avocat de la défense Louis-Alexandre Martin va contester cette demande de la poursuite, estimant que le cumul de périodes d’inadmissibilité de 25 ans est inconstitutionnel.

Il s’agit-là d’une position reprenant sensiblement les arguments présentés par Alexandre Bissonnette, qui avait été déclaré coupable de six meurtres après la tuerie de la mosquée de Québec, en 2017. 

Or, les yeux des avocats dans le dossier Fredette sont présentement rivés sur la Cour d’appel du Québec, où il y a contestation de la peine de 40 ans sans possibilité de libération imposée à Bissonnette par le juge François Huot. 

La cause sera entendue en janvier et la décision rendue à ce moment va « assurément » influencer la suite du processus pour Ugo Fredette, a indiqué Me Baribeau.

« Ce sont deux dossiers différents et distincts, a toutefois précisé le procureur de la Couronne. Mais dans les deux cas, la défense conteste la constitutionnalité de la loi. »

Ce sera à la juge de la Cour supérieure Myriam Lachance de trancher la question. 

Si la Couronne réussit à la convaincre, cela veut donc dire que Fredette, qui avait 41 ans au moment de son arrestation, ne pourra pas recouvrer sa liberté avant qu’il ne soit âgé d’au moins 91 ans.

Pas de peine avant 2020

Fredette ne devrait pas connaître son sort avant plusieurs mois, soit en 2020. Les débats sur sa peine devraient avoir lieu à la fin janvier, après une décision dans le dossier Bissonnette. 

« On n’a pas encore été en mesure de fixer un agenda », a expliqué Me Baribeau. 

Entre-temps, le dossier de Fredette reviendra à la mi-novembre, pour une première étape des auditions pour sa sentence. 

À ce moment, les familles des deux victimes dans cette affaire pourront s’adresser au tribunal afin de témoigner des impacts des crimes sur leur vie.