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Le Justin Trudeau nouveau est arrivé

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Au surlendemain de sa réélection à la tête d’un gouvernement cette fois-ci minoritaire, un Justin Trudeau nouveau nous est apparu en conférence de presse. Sous l’impact évident de la perte de sa majorité, il s’est présenté sous un jour frôlant presque l’humilité. 

Son message était clair comme de l’eau des Rocheuses. Il promet de se mettre «à l’écoute» des partis d’opposition, des Canadiens et des premiers ministres provinciaux. Tout particulièrement à l’écoute de la colère bleue de l’Alberta et de la Saskatchewan et de leur besoin pressant d’un pipeline. Ce qui, a dit M. Trudeau sans hésiter, se fera. 

Comment concilier? 

La véritable difficulté pour Justin Trudeau sera de concilier cet impératif aussi économique que politique avec son engagement, repris hier, de combattre plus fortement encore les changements climatiques. Vaste programme... 

Pour le chef bloquiste Yves-François Blanchet, Justin Trudeau s’est limité à un seul message. Oui, bien sûr, il échangera avec le Bloc, mais sans oublier, lança-t-il avec insistance, que son gouvernement est «farouchement fédéraliste».  

Pour le premier ministre François Legault, l’engagement de M. Trudeau à «travailler» avec lui comme avec ses autres homologues provinciaux était tout aussi convenu. Il était cependant évident, comme je l’avançais hier, que les demandes «nationalistes» de M. Legault, même relayées ad nauseam par le Bloc, resteront lettre morte.  

Déphasé 

De fait, Justin Trudeau en a surtout profité pour répéter ses trois grandes priorités en tant que chef d’un gouvernement minoritaire: aider l’Alberta à exporter son pétrole, l’urgence climatique et rendre la vie des Canadiens plus abordable. Point. 

Il y avait d’ailleurs quelque chose de déphasé à ce qu’autant de questions soient posées hier à Justin Trudeau en français à propos de la loi caquiste sur la laïcité. Il faudra bien pourtant en revenir un jour. Il y a tout de même d’autres priorités politiques au Québec. Du moins, c’est à espérer.