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Qui est responsable de ce cafouillage?

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Qui est responsable du stupide cafouillage qui a terni la soirée électorale de lundi à la télévision ? Les chefs ? Leurs attachés de presse ? Radio-Canada ? Ou... ? 

Jusqu’à la fin de la soirée, tout s’était bien déroulé malgré une émission ayant commencé trop tôt. Il y eut tellement de temps morts à meubler entre la fermeture des bureaux dans l’Est et leur fermeture au Québec et en Ontario, qu’on était déjà lassé du placotage des animateurs et de leurs invités lorsque les premiers résultats furent dévoilés. 

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J’ai fait la navette constamment entre TVA, Radio-Canada et la CBC. Ce fut un match nul quant à moi entre les deux réseaux francophones. En fin de soirée, Patrice Roy a montré quelques signes de fatigue, mais il avait fort habilement dirigé ses commentateurs jusque-là. J’ai particulièrement apprécié les réflexions originales de Josée Legault.  

Moins nombreuse, l’équipe de TVA fut bien menée par Pierre Bruneau. Celui-ci a la chance de pouvoir compter sur des commentateurs hors du commun en Jean-Marc Léger et Mario Dumont. De vrais émules de Jean Lapierre.  

C’est l’équipe de la CBC qui a donné le moins bon spectacle. Trop de cuisiniers gâtent la sauce. Intéressante chef d’antenne au téléjournal, Rosemary Barton est loin d’avoir l’aplomb de Peter Mansbridge lorsqu’il s’agit de diriger le « trafic » entre de trop nombreux commentateurs et analystes. 

À QUI LA FAUTE ?  

Qui est responsable de la confusion survenue dans la dernière heure, alors que trois chefs se sont chevauchés à l’antenne ? CBC/Radio-Canada en est sans doute responsable. Si le diffuseur public fut le maître d’œuvre des deux grands débats des chefs, j’imagine qu’il était aussi maître de la soirée électorale.  

Lorsqu’une émission s’annonce aussi longue que celle de mardi, les producteurs de télé et les attachés de presse des chefs devraient s’entendre pour limiter les discours de remerciement. Dison huit à 10 minutes au plus.  

Jagmeet Singh parlerait encore si les caméras de télé ne l’avaient pas enfin quitté après 24 minutes d’un discours fastidieux et répétitif. Le « danseur étoile » du NPD n’en finissait plus d’énumérer tous les bienfaits dont nous allions enfin bénéficier maintenant qu’il a la balance du pouvoir. Elizabeth May avait pourtant montré l’exemple en parlant moins de dix minutes. 

TOUS LES CHEFS TRIOMPHENT 

Yves-François Blanchet avait quelque raison de pavoiser, son parti ayant pratiquement rayé le NPD de la carte du Québec. Comme il ne finissait pas de triompher lui aussi, il était déjà très tard lorsqu’Andrew Scheer apparut à l’écran. Il n’avait pas dit trois phrases que Justin Trudeau et sa femme Sophie s’amenaient au micro du Palais des congrès de Montréal.  

Après quelques secondes incertaines durant lesquelles les deux chefs se retrouvèrent à l’écran, les caméras finirent par se fixer sur le premier ministre, plus triomphant que tous les autres. Avait-il seulement fait un copier-coller du discours de 2015, alors qu’il avait remporté une très solide majorité ? 

Quoi qu’il en soit, Andrew Scheer fut le grand perdant de cette soirée. D’abord dans les urnes, puis à la télévision. Radio-Canada et les autres réseaux impliqués, s’il y a lieu, lui doivent des excuses et doivent des explications aux téléspectateurs. Sinon, on pourra croire que c’est Justin Trudeau qui a manqué d’une élégance élémentaire.