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Vraie humilité?

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Justin Trudeau n’avait qu’un mot en bouche lors de son premier point de presse après sa courte victoire de lundi : réflexion.

Le chef libéral s’est installé derrière le lutrin, l’air moins pimpant qu’à l’habitude. Il a pris les questions des journalistes durant plus d’une demi-heure.

Il a souvent répondu la voix basse, nous forçant parfois à tendre l’oreille pour l’entendre. Le ton, et surtout le message, tranchait avec son discours de victoire.

Lundi soir, Justin Trudeau triomphait, clamant que les Canadiens venaient de lui offrir un mandat fort et clair. On aurait dit qu’il s’était trompé d’allocution.

Deux jours plus tard, M. Trudeau affichait la mine d’un vainqueur bon joueur, respectueux de ses adversaires.

Un pays éclaté

Les libéraux ont peut-être été reportés au pouvoir à l’issue d’une campagne peu inspirante. Mais Justin Trudeau a du pain sur la planche s’il souhaite constituer un gouvernement dans lequel une majorité de Canadiens sont susceptibles de se reconnaître.

L’Ouest lui a tourné le dos. Une bonne partie du Québec aussi, avec le résultat qu’on connaît, soit l’élection d’un gouvernement minoritaire fragmenté.

Comment recoller les morceaux ?

Justin Trudeau avait cette réponse à offrir : « Le message que les Canadiens ont envoyé lundi soir m’a donné beaucoup de matière à réflexion, et je m’engage à réfléchir de façon attentive et de façon profonde en consultant beaucoup de gens sur la meilleure façon de procéder. »

Le premier ministre a aussi regretté le ton hargneux qui a caractérisé la campagne. Il en a même pris une partie du blâme, du moins en apparence.

« Je reconnais qu’une grande partie de cette campagne a eu tendance à tourner autour de ma personnalité, et j’en porte une part de responsabilité », a-t-il dit.

Traduction : J’ai été la cible d’attaques personnelles, et c’est un peu de ma faute.

Qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ?

Vraie ou fausse humilité ? Les prochains mois nous en apprendront plus sur la profondeur des remises en question qui tressaillent en apparence le premier ministre.