/opinion/columnists
Navigation

Métro, un non-sens

Coup d'oeil sur cet article

Dans un monde idéal, où les gouvernements du Québec et du Canada seraient prêts à investir dans un projet de 10 milliards de dollars, même en sachant qu’il serait nettement sous-utilisé, Québec aurait son métro.

Le rapport dévoilé jeudi a confirmé ce que toute personne sensée et bien informée savait déjà. Un métro, pour Québec, pourrait répondre aux besoins, mais présenterait une surcapacité et serait, surtout, une solution beaucoup trop coûteuse.

Les coûts, à la lumière des expériences récentes comme à Montréal ou à Toronto, seraient carrément exorbitants, pour reprendre l’expression de Jacques Roy, professeur à HEC Montréal, qui a révisé le rapport de Systra.

Plus cher

La raison est simple : un métro souterrain est considérablement plus cher qu’un tramway, un train léger ou un monorail. On peut ainsi construire, pour le même prix, près de cinq fois plus de kilomètres de tramway que de métro souterrain.

Moins de territoire

Imaginez le peu de territoire de Québec qu’on pourrait ainsi desservir avec un métro, pour le même prix qu’un tramway.

Évidemment, cela n’aurait aucun sens, car on rejoindrait trop peu de gens, à une fréquence nettement insuffisante.

Parmi les villes les moins populeuses ayant adopté le métro, aucune ne présente en effet une densité de population aussi faible que celle de Québec. Imaginez que la Ville ait déposé un projet de métro au gouvernement du Québec en lui disant que celui-ci ne serait utilisé qu’à 40 %.

Il aurait été scandaleux, ni plus ni moins, d’injecter autant de fonds publics dans un projet présentant de telles caractéristiques.

Manque de transparence

À la Ville de Québec, le vice-président du comité exécutif, Rémy Normand, s’est fait avare de détails jeudi concernant la ventilation des coûts du projet.

Si on comparait les coûts dans les tableaux fournis par la Ville en 2018 et ceux de jeudi, on observait une différence de 250 M$ pour la portion tramway.

Arrogant, M. Normand a sommé les journalistes de cesser «de gosser» et a parlé de «petites affaires». Avec une somme de 250 M$, on est au contraire bien loin des «petites affaires».

Il est normal aussi que les coûts bougent, au fur et à mesure que le projet progresse et qu’on entre dans le fin détail. Mais il est normal aussi de poser des questions pour mieux comprendre, ce qui ne devrait pas étonner M. Normand.

J’ai l’impression de l’écrire pour la énième fois, mais la Ville doit faire preuve de transparence, ce qu’elle tarde à faire dans ce dossier. Ce faisant, on laisse encore une fois place à la spéculation.