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Scène d’un couple heureux avec Andrea et Luc

Coup d'oeil sur cet article

On va se le dire : les albums de couples sont souvent barbants.

Andrea Lindsay et Luc de Larochellière

Photo courtoisie

★★★½

S’il n’y avait que nous

C’est un peu comme ces ami(e)s en couples beaucoup trop démonstratifs sur les réseaux sociaux.

Comment osent-ils être heureux devant public, hein ?

HEIN !?

Et, pourtant, Andrea Lindsay et Luc de Larochellière semblent échapper au courroux des mélomanes.

Peut-être parce que, justement, le tandem s’est fait un nom en solo (et ses membres poursuivent toujours des carrières distinctes) avant de joindre l’agréable... à l’agréable.

Peut-être aussi parce que ces amoureux se font discrets dans la sphère publique, évitant ainsi de rappeler aux férus de musique qu’il n’y a que nos collections de vinyles qui nous attendent à la maison le soir venu.

Bref, sept ans après un premier album à deux, le couple d’artistes en rajoute avec S’il n’y avait que nous où Lindsay et De Larochellière se mettent même (un peu) en danger.

Bien que les auteurs-compositeurs-interprètes fassent toujours dans le folk, on compte de plus en plus de petits morceaux de bravoure, dont On fait la moue — où on aborde ses soirées ou le lit devient une tranchée —, plus rock, comme Karaoké Kids où De Larochellière écorche les chanteurs du dimanche qui massacrent des classiques... en faisant référence à une certaine Cash City au passage (tiens donc !).

PLAISIR CONTAGIEUX

Même si certaines pièces font un brin chasse gardée (la touchante berceuse Submarine Boy, par exemple), le plaisir du couple s’entend, est contagieux et transperce finalement le disque.

Voyons ça comme une version musicale du fameux pumpkin latte automnal alors.

Pierre Lapointe

Photo courtoisie

★★★★

Pour déjouer l’ennui

Tout d’abord, une confession : j’adore Pierre Lapointe pour ses coups de gueule, sa curiosité, son ambition, ses influences et j’en passe. Côté musique ? Ça opère moins ces jours-ci (mes excuses). Et, pourtant, petit miracle d’avant les Fêtes : après avoir été déçu par Ton corps est déjà froid, l’iconoclaste pop me séduit à nouveau avec un huitième LP aigre-doux doté d’un savant dosage entre le minimalisme, la quiétude et la vulnérabilité. Les fans de ses albums Paris tristesse et Seul au piano apprécieront tout particulièrement. Idéal pour le temps morne, donc.

Patrick Watson

Photo courtoisie

★★★½

Wave

Trois ans après sa trame sonore planante pour le film The 9th Life of Louis Drax et quatre années après le dévoilement de son cinquième album Love Songs for Robots, Patrick Watson fait littéralement surface après des années de galère, à en croire les entrevues autour de Wave. Mince consolation pour le principal intéressé : ses déboires aboutissent à un LP gracieux. Sans grande surprise pour les fans de l’artiste, certes, mais bien foutu et inspiré. À titre de références, les mélomanes appréciant, par exemple, The National, voire Sigur Rós, devraient tout particulièrement adorer Wave.

Ringo Starr

Photo courtoisie

★★

What’s My Name

Soyons bref : le Beatles mal-aimé livre un 20e album malheureusement oubliable. Imaginez, Starr arrive à rendre Grow Old With Me, une reprise de Lennon interprétée ici avec McCartney, flasque et beige. Pour le reste, c’est du Ringo : du rock et des textes d’une autre époque. Pas qu’on s’attendait à ce que la légende vivante se réinvente ou se lance dans l’électro punk pour l’occasion, mais What’s My Name s’avère tout de même une déception tant Starr s’entête à demeurer dans ses pantoufles. Pour les fans seulement (et encore là...).

Coup de coeur

ORGAN MOOD

Photo courtoisie

★★★★½

Indivisible

Sans vous ressortir la fameuse citation de Zappa sur la critique musicale, la danse et l’architecture, disons tout de même que cerner le projet électro psychédélique local Organ Mood n’est pas une sinécure. Sur ce troisième album, Christophe Lamarche-Ledoux, Mathieu Jacques et leurs compères s’aventurent davantage et misent également sur des atmosphères plus planantes, mais toujours aussi hypnotiques. Comme les autres œuvres du combo, Indivisible est une expérience sonore louable dès la première écoute, mais qui exige de l’attention et de la répétition pour s’apprécier à sa juste valeur... et c’est tant mieux ainsi.