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Le 2 novembre, un rendez-vous important pour penser l’avenir du nationalisme

Les idées sont essentielles

Le 2 novembre, un rendez-vous important pour penser l’avenir du nationalisme

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Notre époque aime croire que la pensée politique ne compte pas et que seule la communication importe. On s’imagine que le travail des idées est secondaire et qu’il suffit de quelques slogans pour remuer les peuples et les convaincre d’agir. C’est une erreur, et une terrible erreur. Derrière chaque grande action, il y a une grande idée. 

De même, un peuple ne se mobilise pas à partir de rien. Derrière les grandes vagues collectives, il y a toujours, d’une manière ou d’une autre, un travail militant acharné pour faire vivre une idée et assurer son rayonnement. Il ne suffit pas, mais on ne saurait faire sans lui. On oublie souvent le travail de ces militants qui se consacrent à la vie de la cité alors que la mode devrait les pousser à faire autre chose. On a tort. Leur contribution démocratique est indispensable.

En d’autres mots, notre époque a beau baigner dans la superficialité, la vie politique est déterminée par des courants idéologiques profonds. Les mouvements politiques sérieux le savent. C’est pourquoi ils organisent des colloques, des universités d’été, des séminaires et bien d’autres événements de semblable nature pour se connecter au monde des idées. Un mouvement politique étranger à la vie des idées est condamné à se soumettre à des idées qui ne sont pas les siennes.

Et c’est de cela dont je veux vous parler dans ce texte. Depuis des années, le premier samedi de novembre, l’Institut de recherche sur le Québec, un think tank auquel je suis associé, organise un grand colloque pour traiter d’un aspect de la question nationale. Cette série de colloque a pour titre Quelque chose comme un grand peuple. En 2019, nous en serons à la douzième édition de ce colloque.

Au fil des ans, nous avons exploré de nombreux sujets, chaque fois avec l’idée de rendre le Québec plus lisible, chaque fois avec l’idée aussi de définir le plus adéquatement possible nos intérêts collectifs. Il en sera de même cette année. Samedi le 2 novembre prochain, le colloque Quelque chose comme un grand peuple de l’IRQ cherchera à voir comment se pose la question de l’identité québécoise une fois remportée la bataille de la laïcité.

Car le peuple québécois a remporté une victoire importante avec la loi 21. Mais elle ne saurait représenter le stade terminal de la promotion de l’identité collective. Au contraire: on voit plutôt la voir comme un socle à partir duquel construire la différence québécoise. Devant l’impérialisme américain, devant le multiculturalisme canadien, devant la mondialisation qui déracine les peuples, comment remettre au cœur de notre vie collective notre identité, sachant qu'elle est indispensable à l'expérience démocratique?

Pour cela, le colloque explorera plusieurs pistes d’avenir : on y parlera de la promotion de la langue française, de l’intégration des nouveaux arrivants, d’éducation, de transmission de la culture québécoise à l’école, de constitution et de liberté d’expression. Et de bien d’autres choses, en fait! J’ajoute que comme d’habitude, on trouvera une diversité de points de vue et de perspectives, ce qui contribue à la richesse des échanges et de la discussion.

Un événement comme celui-là permet de se décoller le nez de l’actualité la plus immédiate et de poser un regard d’ensemble sur notre situation collective. Il redonne du sens à la vie politique. Il permet de penser le nationalisme au-delà des querelles médiatiques. De ce point de vue, il représente un moment de vie démocratique précieux, auquel ceux qui se passionnent pour la chose publique devraient participer. 

On peut s'inscrire ici .